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Vivre avec l'Alzheimer : « Mon cerveau n'a plus d'encre, les messages ne s'impriment plus. »

Jeannette Boucher soufflera 71 bougies dans quelques jours, mais elle n'a pas tout à fait le coeur à la fête. Il y a un an, l'enseignante à la retraite, qui avait des projets plein la tête, a appris qu'elle devrait dorénavant vivre avec l'Alzheimer.

« Ce fût une grande épreuve et une grande surprise aussi parce que je suis la plus jeune d'une famille nombreuse, la onzième. Je m'étais imaginée que je serais celle qui prendrait soin de mes frères et soeurs malades et là je dirais que c'est quasi l'inverse », confie Jeannette Boucher.

Elle avoue que le quotidien n'est plus comme avant. « C'est pas un arrêt de mort, mais presque. C'est un changement drastique, radical », dit-elle.

« Je réalisais que j'oubliais, mais qui n'oublie pas en vieillissant? » questionne celle qui a banalisé les signes.

Mon problème, je dirais que mon ordinateur, mon cerveau, n'a plus d'encre. Les messages ne s'impriment plus. J'oublie, j'oublie, il faut que je prenne en note, que je vérifie.

Jeannette Boucher

La dame vit seule dans sa maison à la campagne et espère le faire encore longtemps, mais elle sait qu'elle devra un jour quitter son domicile. « C'est dégradant comme maladie parce qu'on est toujours en perte », explique Jeannette Boucher.

« C'est éprouvant parce qu'on ne sait pas à quel rythme ça va aller et comment ça va se terminer », dit Jeannette Boucher. Elle ajoute n'avoir « jamais osé » demander à son médecin le temps qu'il lui restait avant de perdre complètement la mémoire.

Rester active

Le diagnostic de la maladie a bouleversé la vie et les projets d'avenir de Jeannette Boucher, mais elle reste positive au quotidien.

Elle fait partie d'un groupe de cyclistes, elle marche tous les jours et chante dans une chorale. « Je dois dire que je suis très bien entourée », dit-elle.

C'est révoltant et c'est difficile à accepter. Il y a de négation, mais la vérité reste là.

Jeannette Boucher

« J'ai eu beaucoup de satisfaction à enseigner, j'aimais beaucoup mes élèves et je les reconnais encore », mentionne Jeannette Boucher.

Si elle avait un conseil à donner à quelqu'un qui apprend un diagnostic d'Alzheimer, c'est de ne pas s'isoler. « Il faut demander de l'aide et accepter l'aide », conclut-elle.

D'après les informations d'Elyse Allard

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