Il n'y a pas que les mineurs et les travailleurs de l'industrie des sables bitumineux qui doivent s'exiler pour travailler. Une dizaine d'employés de Parcs Canada habitent de mai à novembre dans le parc national de la Mauricie, afin d'y restaurer un lac isolé.

Un texte de Marie-Eve Cousineau

Ces travailleurs participent à un projet de restauration du lac La Pipe, qui abrite au fond de ses eaux des milliers de billes de bois. Ces vestiges de la drave nuisent à l'écosystème aquatique, en particulier à la truite mouchetée, aussi appelée omble de fontaine.

Chaloupe, boulot, dodo : c'est le rythme de vie de ces employés qui vivent dans les bois.

Chaque lundi matin, les employés partent à la marche, sac au dos, dans le parc national de la Mauricie. Pour se rendre au lac La Pipe, ils doivent naviguer en chaloupe, faire des portages et parcourir quatre kilomètres en véhicule tout-terrain.

Un trajet d'au moins trois heures, qui s'effectue en une quinzaine de minutes en hydravion. L'équipe a d'ailleurs parfois recours à un tel appareil lorsqu'elle doit transporter beaucoup de matériel. 

Un camp de base plutôt rudimentaire

Le lac étant éloigné et le projet de restauration s'échelonnant sur quatre ans, les employés de Parcs Canada ont construit un camp de base. Ils y demeurent du lundi au vendredi. 

Là-bas, pas d'Internet, ni de téléphone cellulaire. Qu'une radio pour communiquer en cas d'urgence.

Des panneaux solaires, installés sur le toit du camp, servent à alimenter en électricité le réfrigérateur et les ampoules ainsi qu'à chauffer l'eau de la douche. Le camp est aussi muni d'un poêle à bois. Une toilette sèche se trouve à l'extérieur.

Le nouveau camp est érigé sur les cendres d'autres camps forestiers, selon des archéologues de Parcs Canada. De vieilles bouteilles et boîtes de conserves ainsi que la carcasse d'un poêle à bois ont d'ailleurs été retrouvées sur le site.

Des compagnies forestières - dont la Consolidated Paper Corporation, à partir de 1932 - ont exploité ce territoire avant la création du parc national de la Mauricie en 1970.

Ces camps ont pu être détruits accidentellement lors de feux de forêt ou brûlés afin de construire un nouveau camp au même endroit.

Lors de leur temps libre, les travailleurs donnent une deuxième vie aux billots de bois, issus de la drave.

Ils ont récupéré des billes de merisier (ou bouleau jaune) dans le lac Français, l'un des 16 lacs du parc déjà restaurés. Avec ce bois, ils ont fabriqué une table et des armoires pour leur camp de base.

Parcs Canada étudie la possibilité de recycler, à plus grande échelle, les billes de bois repêchées dans les lacs du parc national de la Mauricie. L'éloignement du lac La Pipe des centres urbains constitue toutefois un frein.

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