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Vivre en marge de la société et être un virtuose du piano

En écoutant Jonathan Fraser Chrétien jouer du piano, il est difficile de croire qu'il a commencé il y a à peine plus de six mois. Mais l'artiste n'a jamais suivi de cours, ne connaît pas le nom des touches et joue à l'oreille.

Un texte de Marie-Ève Trudel

Sans emploi, n'ayant ni Internet ni téléphone, il s'est découvert une passion au début de l'été sur les pianos publics de Trois-Rivières, où il se retrouve presque tous les jours pour jouer quelques notes.

« J'ai commencé sur le piano du Havre, pour ceux qui sont en difficulté, explique Jonathan Fraser Chrétien. Il y a un piano public, mais il est un peu désaccordé. Mais [avec] ce piano-là [celui du flambeau], je suis tombé en amour. C'est le piano des Gibson! »

Pour l'homme de 40 ans, la musique est un baume et adoucit les moeurs. Il admet d'emblée ne pas avoir une vie rangée.

« Ma vie n'a pas été facile, j'ai vécu une vie un peu à l'envers », mais la musique lui procure un sentiment de calme et de sérénité. « Je m'amuse, je sors mes sentiments! »

Le son du piano public s'harmonise avec celui de la fontaine de jets d'eau, qui se trouve juste à côté. 

« Il y en a qui me disent que ça ressemble un peu à du Chopin, mais je ne connais pas les notes! J'ai beaucoup de talent, je joue à l'oreille, je ne lâche pas », dit Jonathan Fraser Chrétien qui souhaiterait suivre des cours de piano cet automne.

« C'est important de ne pas vivre dans le passé, de penser au futur, de réaliser nos rêves », conclut le pianiste amateur. 

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