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WACTE, une vidéo en 360 degrés pour transmettre la culture autochtone

À l'occasion de la Journée nationale des peuples autochtones célébrée le 21 juin, Radio-Canada présente l'expérience en réalité virtuelle WACTE. Elle permet une immersion en 360 degrés dans un endroit significatif pour les Atikamekw : le « feu sacré » sur les berges de la rivière Saint-Maurice, à Trois-Rivières, aussi connu sous le nom de « Fontaine du diable ».

Un texte de Judith Jacques

La narratrice atikamekw Lucie Petiquay guide le spectateur en ce lieu qui a longtemps été gardé secret pour éviter qu’il ne soit détruit.

C’est encore aujourd’hui une crainte pour Noella Petiquay, la soeur de Lucie : « Si on dévoile le lieu sur Facebook, ce qui me fait peur c’est que des malfaisants aillent le massacrer. Il y a des jaloux partout. Ça serait malheureux que ça arrive. »

Marcel Petiquay et Carmen Petiquay sont les guides de Lucie dans la transmission de la culture atikamekw. Les trois ont participé à la cérémonie de la pleine lune qui sert de trame de fond à l’expérience WACTE.

Carmen, Marcel et Lucie ont bien aimé réaliser cette expérience en réalité virtuelle. Carmen a toutefois trouvé que la marche dans la neige, en raquettes, pour se rendre au « feu sacré » a été bien pénible. Lucie a bien aimé la fin de la vidéo qu’elle trouve bien drôle : « Ça finit bien. C’est ça qui est le fun ».

Toute l’expérience a été réalisée avec les Autochtones, même le choix du titre! WACTE signifie « lumière » en langue atikamekw. C’est Noella Petiquay qui l’a proposé lors d’un cercle de discussion avec les Autochtones sur le « feu sacré », au Point de services pour les Autochtones à Trois-Rivières, animée par Judith Jacques. Noella et sa fille sont très heureuses que WACTE ait été choisi.

Noella explique que sa fille n’a jamais eu la chance de participer à une cérémonie de la pleine lune. « Ma fille est bien ouverte à suivre les coutumes qu’on a perdues, puis retrouvées. Peut-être plus maintenant parce qu’elle a un enfant. Il y a eu un manque de transmission. Là, je pense que c’est en train de refaire surface », indique-t-elle.

Lucie Petiquay aussi compte bien montrer la vidéo à sa fille. « Elle ne voulait rien savoir de la culture autochtone », explique Lucie. Elle s’intéresse davantage à la culture maintenant, ajoute-t-elle. Lucie va aussi montrer l’expérience WACTE à plusieurs personnes dans la prochaine année, particulièrement aux adolescents et aux jeunes. Elle va s’en servir comme un outil de transmission de la culture.

« Quand on raconte une légende, chaque personne qui l’entend va trouver sa propre signification. Ils reçoivent l’enseignement. Pour la légende du bon et du méchant loup [qu’on retrouve dans l’expérience WACTE], ils vont voir le message d’eux-mêmes », raconte Lucie Petiquay.

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