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Yves Bourque veut profiter de Pyeongchang comme il profite de l'hiver

Pour ses 50 ans, Yves Bourque s'est offert un cadeau : un 50 km de ski de fond à travers le parc de la Mauricie. « C'était la fin mars, une journée extraordinaire avec des conditions extraordinaires, avec un beau soleil... »

« J’étais au paradis! C’est ça, la passion », poursuit celui qui participera, à Pyeongchang, à ses deuxièmes Jeux paralympiques.

Le paraskieur de 52 ans est toujours passionné par son sport. Et il est sûr de deux choses : il n’est pas prêt à arrêter la compétition tout de suite et il continuera à profiter des belles journées de l’hiver québécois jusqu’à ses vieux jours.

Bourque assure qu’il est dans une bonne forme physique. « J’ai fait des courses cet été, j’ai battu mes records des années antérieures », fait-il valoir. Bien sûr, il y a les petits bobos - une blessure à l’épaule gauche, par exemple -, mais rien de bien inquiétant.

Vous ne l’entendrez pas parler de médailles ni d’objectifs au classement. Il débarque à Pyeongchang avec comme seuls buts pratiquer le sport qu’il aime et assouvir son esprit compétitif.

Bricoleur

Voilà 20 ans qu’Yves Bourque pratique le paraski de fond. « J’ai découvert la compétition il y a huit ans, j’avais l’esprit compétitif, je l’ai toujours eu en moi », dit-il.

Handicapé depuis sa jeunesse – il est né sans jambes –, Bourque a toujours eu la tête pleine de projets.

À la fin des années 1980, l’homme de Bécancour a couru un marathon sur une planche à roulettes qu’il avait créée. Aujourd’hui, il participe à ses compétitions de ski sur une luge qu’il a lui-même confectionnée. C’est son quatrième engin du genre. Et dans la vie de tous les jours, il aide d’autres gens avec un handicap à trouver l’ajustement parfait pour leur fauteuil roulant.

Pas de doute, Yves Bourque préfère trouver des solutions concrètes et matérielles pour alléger les effets de son handicap et de celui des autres que de s’apitoyer sur son sort, même si « ce serait facile de se décourager, de se dire qu’on va rester chez nous et que personne ne va nous le reprocher », dit-il.

Les Jeux à 56 ans?

Malgré son amour de la compétition, Bourque ne promet pas qu’il sera à Pékin, en 2022. « Me donner un mandat pour un autre quatre ans, ça va dépendre de la santé et des résultats », se limite-t-il à dire.

De toute façon, il est inutile de penser plus loin que Pyeongchang, selon lui, s’il se fie à son expérience à Sotchi, en 2014.

« Moi, ça m’a pris trois semaines, et j’ai décidé d'y retourner! », raconte le paraskieur. Ce sera peut-être différent la deuxième fois.

Les blessures, l’âge, le vide post-paralympique, les contre-performances… Tant qu’il y aura le soleil scintillant et le ciel bleu d’une belle journée d’hiver, ces préoccupations ne viendront pas déranger Yves Bourque.

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