« C'est sûr que lorsqu'on peut danser huit secondes avec un taureau et gagner l'événement, c'est un beau feeling! » C'est avec ces mots et son large sourire, presque plus large que son chapeau de cowboy, que Zachary Bourgeois nous accueille dans le ranch familial de St-Tite.

Un texte de Robert Frosi

C'est à l'âge de 7 ans que Zachary Bourgeois est monté sur son premier veau, puis des bouvillons, des chevaux et enfin des redoutables taureaux. Petit à petit, il a développé sa passion et sa vocation : devenir cowboy et danser avec les taureaux sauvages.

Pour lui, être un cowboy n'est pas synonyme de vivre à une autre époque. Et peu importe ce que pensent les gens de son choix de vie.

« Eh bien, ce sport n’est pas juste une passion, c'est toute ma vie... Et mon but est de devenir champion du monde. Par-ci, par-là, il y a du monde qui nous juge, qui parle, mais ça fait partie de la game. Pour moi, c'est juste du bruit quand les gens disent ça. Être cowboy, c'est le sport du nouveau jour! »

« Ceux qui rient de nous ne connaissent pas notre milieu, enchaîne-t-il. Ils s’imaginent des duels au soleil, des bottes avec des éperons ou des revolvers à la ceinture. Être cowboy, c’est un art de vivre, même si on est au 21e siècle. »

Des partenaires inconnus

Monter des taureaux sauvages, des bêtes de près de 2000 lb (907,2 kg) quand on en pèse à peine 140 (63,5 kg), demande une concentration de tous les instants. D'autant plus que le cowboy ne connaît pas à l'avance la bête qu'il va monter.

À chaque compétition, les taureaux sont tirés au sort. Il faut donc s'adapter immédiatement aux styles différents de chaque bête et, surtout, les respecter.

« Ce sont de purs athlètes. C'est 70 ans de génétique. Ces taureaux-là, c'est la meilleure reproductrice avec le meilleur reproducteur pour donner le meilleur taureau afin qu'ils fassent les plus grands pivots. Il faut qu’ils aient la rapidité, la force et l'agilité.Tout cela pour nous donner le plus de points, soutient Zachary Bourgeois.

« Le respect est aussi très important, car sans eux on ne pourrait pas pratiquer notre sport et faire ce que l'on aime. C'est sûr que lorsqu'on peut danser huit secondes avec un taureau et gagner l'événement, c'est un beau feeling! »

À chaque rodéo, Zach doit tenir huit secondes sur une bête qui veut tout dans la vie, sauf avoir quelqu’un sur son dos. Quand il arrive à ses fins, il faut bien sûr débarquer rapidement de l’animal et trouver un endroit sécurisé.

Les yeux tournés au sud

Avec plus d’une trentaine de rodéos au cours d'une saison, Zach commence à gagner sa vie en plus des études.

Après ses études secondaires, il s'est exilé dans l'Ouest canadien pour parfaire son métier et entrer dans le très prestigieux circuit professionnel américain. À 17 ans, il était déjà un phénomène au Canada, car cela faisait deux ans qu'il avait quitté les rangs juniors pour ceux des seniors, et cela grâce à des entraînements rigoureux où chaque détail est primordial.

« C’est certain que je veux devenir champion du monde et pourquoi pas devenir millionnaire, car le circuit pro américain est payant! »

Monter des taureaux est un véritable sport, une discipline qui demande beaucoup d’humilité.

« Être fort mentalement est un bon atout dans le rodéo, car on est souvent voués à l'échec. Comme je dis souvent, chez les professionnels, dans le top 5 mondial, on ne réussit que 50 % de nos montes de taureaux. Donc, on doit travailler avec l'échec. Il faut se relever et continuer d'avancer. »

« Si tu réfléchis, c'est sûr que tu tombes, sûr, sûr, sûr. Si tu es en train de t'attacher, tu as une crainte et tu réfléchis, oublie ça! C’est certain que je pense au pire avant chaque rodéo, c’est pour cela que je m’entraîne de manière rigoureuse pour diminuer les risques. Mais le risque zéro n’existe pas », poursuivit-il.

Pour le jeune cowboy de Saint-Tite, monter des taureaux sauvages est comme une chorégraphie, une danse dangereuse, certes, mais tellement intense en émotions.

Conscient des dangers de son sport, Zachary n'en perd pas pour autant son sens de l'humour. « J'ai déjà pris de bons coups de pattes. [Je me suis déjà fait] piler dessus. Eh oui, c'est pesant un taureau. Je peux juste te dire cela », précise-t-il, tout sourire.

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