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12 rounds d’espoir : Ali Nestor remporte son pari

Le fondateur de l'organisme Les princes de la rue, Ali Nestor, a réuni à la TOHU une vingtaine de personnalités publiques de tous les horizons à l'occasion d'une grande soirée de boxe.

Un texte de Marie Malchelosse

Ce tour de force tenait lieu de campagne de financement pour une autre des réalisations d’Ali Nestor, l’École de la relève.

L’école accueille des jeunes en difficulté de 16 à 25 ans, leur offre les outils nécessaires pour qu’ils restent à l’école et terminent leurs études secondaires, loin des « griffes de la rue », comme le dit l’organisme.

D’ailleurs, en mai dernier, le ministère de l’Éducation a reconnu le programme de sport-études en immersion offert à l’École de la relève. Ali Nestor avait alors déjà remporté une première victoire.

Mercredi, à la TOHU, c’en était une autre.

« C’est une grande fierté. Je suis heureux. Je n’en reviens tout simplement pas. C’est un rêve qui se réalise. De voir tous ces gens-là qui répondent à l’appel, c’est un beau jour pour moi. »

Parmi la vingtaine de boxeurs et entraîneurs invités, on retrouvait, par exemple, le chanteur Corneille, l’humoriste Cathy Gauthier, le comédien Patrice Godin, le journaliste Stéphan Bureau et l’animatrice Virginie Coossa.

Entouré de ses hommes de coin, le premier ministre Justin Trudeau et le chanteur Dan Bigras, Ali Nestor se mesurait à une personnalité publique différente à chacun des rounds de trois minutes.

La réponse des personnalités a été si enthousiaste que la soirée est finalement passée de 12 à 17 rounds.

Devant une salle comble de près de 800 spectateurs, le premier ministre Trudeau s’est transformé en animateur de foule pour le temps d’un discours enflammé pendant lequel il a souligné la grandeur de l’œuvre d’Ali Nestor.

Les pugilistes féminines se sont particulièrement illustrées dans le ring d’Ali Nestor. Anie Samson, mairesse de l’arrondissement Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, où se trouvent justement les locaux des Princes de la rue, s’est rapidement attiré la faveur des spectateurs par son cran et sa technique étonnante.

« Je vois nos jeunes dans la rue et je sais que chez eux, ils trouvent une place. Ils font un excellent travail pour les réinsérer dans la société. J’en suis extrêmement contente et c’est pour ça que je suis là ce soir. »

Même détermination et force de caractère dans l’uppercut de Mélanie Joly, ministre du Patrimoine canadien. D’ailleurs, le premier ministre a momentanément quitté le coin d’Ali Nestor pour joindre celui de sa collègue. À bout de souffle après les trois minutes de son round, Mme Joly était ravie de l’expérience.

« En politique, étant donné la charge de travail, c’est vraiment important de trouver du temps pour générer des endorphines, parce qu’on est déjà dopés à l’adrénaline et au stress. »

Plusieurs personnalités sportives ont aussi fait connaissance de façon plutôt brutale avec un sport qui leur est étranger.

L’ancien sprinteur Bruny Surin, par exemple, est arrivé au fond de ses réserves plus rapidement que prévu. Par chance, ses hommes de coin, Herby Moreau et Jean-Marie Lapointe, ont admirablement soutenu leur boxeur.

Le Service des sports de Radio-Canada n’était pas en reste. Le journaliste Robert Frosi peinait à contenir sa hâte d’affronter Ali Nestor.

Entouré du défenseur de l’Impact de Montréal, Hassoun Camara, et de l’animateur Franco Nuovo, le collègue Frosi était doublement ravi de son passage dans le ring.

Ali Nestor peut soigner ses quelques enflures en toute quiétude. Ses princes de la rue pourront poursuivre leur parcours vers la guérison avec lui, du moins jusqu’à la deuxième édition des 12 rounds d’espoir.

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