Le caïd Raynald Desjardins est condamné à 14 ans de prison pour sa participation au complot entourant le meurtre du mafieux Salvatore Montagna. En retranchant la détention préventive, Desjardins devra encore purger six ans et demi de prison.

Reconnu coupable de complot dans le but de commettre un meurtre en juillet 2015, Raynald Desjardins était de retour en cour afin de connaître la peine qui lui incombait. Le juge de la Cour supérieure, André Vincent, a finalement accepté la suggestion commune de la défense et de la Couronne.

Le procureur de la Couronne, Alexis Gauthier, s’est dit satisfait de la peine infligée à Raynald Desjardins « compte tenu de la gravité des gestes qui lui étaient reprochés, compte tenu aussi de la nature de l’enquête et de la preuve qui devait être déposée dans le cadre d’un procès ».

M. Gauthier a précisé que la preuve qu’il aurait dû présenter était « extrêmement technique ». « On parle d’un volume de preuve considérable, on parle de milliers de communications BlackBerry, dont des communications texte, a confié le représentant du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP). « On parle aussi pour la poursuite de faire la preuve de l’identité des auteurs de ces communications », poursuit-il.

« C’est un défi qu’on croyait être en mesure de relever, mais évidemment, avec ce plaidoyer [de culpabilité], il y avait quand même une assurance pour la poursuite de mener cette procédure-là à terme avec un résultat qui sert l’intérêt public. »

Il a également ajouté que le temps commençait à presser dans le dossier de M. Desjardins en raison des implications liées à l’arrêt Jordan. Arrêté en décembre 2011, M. Desjardins a vu les procédures judiciaires s’amorcer à l’été 2014. « Avec ce plaidoyer de culpabilité, on a pu éviter de longues requêtes préliminaires et aussi un procès devant jury », a expliqué M. Gauthier.

Les avocats de la Couronne, Alexis Gauthier, et de la défense, Marc Labelle, ont précisé que la suggestion commune a fait l’objet de négociations qui ont duré plusieurs mois. « L’accusation originale étant très grave, un complot de meurtre satisfait les parties. »

« Mon client prend cette sentence-là avec un certain soulagement », explique l’avocat de la défense, Marc Labelle. « Les accusations originales impliquaient, s’il était reconnu coupable, une peine d’emprisonnement à perpétuité. »

La procédure d’interception des communications produites en preuve par la Couronne posait des « problèmes légaux », selon M. Labelle. Les contestations qui étaient déjà en cours ont servi de pouvoir de négociation à la défense, a-t-il précisé.

Raynald Desjardins, passible de la prison à vie, avait accepté de plaider coupable à l’accusation réduite de complot pour meurtre en échange de l’abandon de l’accusation, plus grave, de meurtre prémédité.

Il a reconnu sa culpabilité pour avoir comploté dans le but de faire assassiner le mafieux Salvatore Montagna. Ce dernier a été tué à Charlemagne le 24 novembre 2011.

Une lutte de pouvoirs

Le meurtre de Montagna avait été perpétré à un moment où la mafia montréalaise était déstabilisée par les assassinats du fils et du père du parrain Vito Rizzuto – Nick et Nicolo Rizzuto –, de même que par l’emprisonnement aux États-Unis du parrain lui-même.

Ancien allié de Raynald Desjardins, Salvatore Montagna était pressenti pour prendre la tête de la mafia montréalaise. Les deux hommes s'étaient toutefois brouillés dans la foulée d’une tentative de meurtre perpétrée contre Raynald Desjardins.

Ciblé par un homme armé d’un AK-47 au moment où il prenait place dans sa voiture à Laval par une matinée de septembre 2011, Raynald Desjardins est sorti indemne de l’attentat en dépit du fait que son véhicule ait été atteint de 17 projectiles d’arme à feu.

Malgré les démentis de Salvatore Montagna, Raynald Desjardins a toujours tenu ce dernier responsable de l’attentat dont il a été victime. Fort de cette certitude, il a comploté pour tuer Montagna.

Raynald Desjardins, qui est l’un des rares Québécois d’origine à avoir été proche de Vito Rizzuto, a été trahi par les centaines de messages cryptés qu’il a envoyés à ses acolytes dans le cadre de l’organisation du meurtre de Montagna. Il ignorait qu’il était dans la ligne de mire des policiers dans une tout autre enquête.

Surveillant Raynald Desjardins, les enquêteurs ont intercepté les messages échangés par le clan Desjardins avant de réussir à les décrypter. Ils ont ainsi constitué une preuve accablante contre M. Desjardins, qui a fini par plaider coupable.

En mars dernier, sept acolytes de Desjardins ont également plaidé coupables à une accusation de complot pour meurtre.

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