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15 questions à Jacques Goldstyn, invité d'honneur du Salon du livre de Montréal

Conteur, vulgarisateur scientifique et illustrateur, Jacques Goldstyn a publié son premier livre, Le petit débrouillard, en 1981. Il collabore au magazine scientifique pour les jeunes Les Débrouillards ainsi qu'aux revues Quatre-Temps, QuébecOiseaux et Relations. Il a publié trois albums jeunesse aux Éditions de la Pastèque : Le petit tabarnak en 2013, L'arbragan en 2015 et Azadah en 2016.

Un texte de Cécile Gladel

L'illustrateur participe au Salon du livre de Montréal depuis plus de 30 ans. C'est la première fois qu'il en est l'invité d'honneur.

Il a répondu à nos questions sur ce que représente un salon du livre dans la vie d'un auteur. Les huit invités d'honneur répondront à ces questions.

Participez-vous souvent aux salons du livre?
Ça m'arrive d'aller à Québec, à Gatineau et à Rimouski, mais je ne cours pas les salons. Je vais surtout à celui de Montréal. C'est un peu épuisant, car je vais dans les écoles et bibliothèques et, parfois, je préfère ça.

Avez-vous une manière de vous préparer avant un salon?
Pas vraiment, mais il ne faut pas avoir le rhume, il faut bien dormir et être en forme. On ne fait pas la fête le soir avant. On doit aussi prendre un bon déjeuner, car on n'a pas le temps de manger durant les séances de signature. Je prévois une barre tendre. Et il faut rester éveillé, car il faut être 100 % présent.

Qu'avez-vous sur votre table de signature?
J'ai toujours mon coffre à crayons, car je montre avec quoi je dessine. Parfois, j'apporte des exemplaires du magazine Les Débrouillards en chinois. J'ai aussi une tablette de chocolat noir 90 %, car j'en mange quand je dessine. Les enfants ne trouvent pas ça vraiment bon.

J'ai également un pot de rognures d'efface que je ramasse depuis plusieurs années. Dans mon cas, une efface dure trois ou quatre semaines. Les rognures allaient par terre et ma femme était désespérée. J'ai commencé à les amasser et ça m'en fait un gros pot à moutarde par année. J'ai environ cinq pots sur mes étagères.

Écrivez-vous une dédicace standard ou vous la personnalisez?
Je fais toujours un petit dessin original à tout le monde. Le défi, c'est de dessiner en parlant avec le lecteur. Ça a nécessité des années de pratique pour réussir.

Quelle est votre histoire avec le Salon du livre de Montréal?
J'y ai participé pour la première fois en 1982. J'aime les moments calmes, le vendredi soir, une heure avant la fermeture du salon. J'aime les allées vides.
On sort de là un peu épuisé, mais quand je vois des enfants avec mon livre dans les allées, je leur demande s'ils veulent que je leur fasse un dessin. Ils me regardent toujours avec un drôle d'air, puis ils acceptent. On s'assoit alors sur un banc et on a la paix. J'ai le temps de faire un beau dessin.

Un souvenir spécial?
En 1986, Michel Tremblay était en face de moi. Il n'y avait personne. Alors, j'ai pris une feuille et j'ai dessiné Michel. Ma femme l'aime beaucoup, donc je le faisais pour elle. Il est très facile à dessiner. Je lui ai apporté le dessin pour qu'il le signe. Il l'a gardé dans ses mains, il pensait que c'était pour lui, et je lui ai enlevé doucement des doigts. Je l'ai fait encadrer et on l'a depuis 30 ans. Toutefois, cette année, je vais lui demander s'il le veut. Il avait les cheveux noirs à l'époque.

Un mauvais souvenir?
Parfois, les gens sont un peu brutaux ou se chicanent dans les files d'attente. Certaines personnes sont impatientes. C'est inconfortable. Il y a aussi les lecteurs, qui, quand tu fais ta dédicace, te laissent le livre pour aller voir quelqu'un de plus célèbre que toi. Je ne suis pas un collectionneur de dédicaces, je le fais pour ma femme, mais j'essaye d'être présent, car l'auteur me fait un cadeau.

Quel est le défi auquel font face les écrivains lors des salons du livre?
Faire plaisir au lecteur qui s'est déplacé et qui a payé son entrée. En passant, ça devrait être gratuit. Certains lecteurs viennent de loin. Il ne faut pas être avare.

Quelles sont les répercussions d'une présence au Salon sur les ventes?
Ça a un effet sur la vente de livres en général, car c'est comme une kermesse.

Des conseils pour les nouveaux auteurs qui en seront à leur premier salon?
Ne pas se décourager et observer, même si personne ne vient acheter son livre. Il faut s'armer de patience, mais le Salon du livre de Montréal n'est pas nécessairement le meilleur des salons pour commencer, car il y a des auteurs de haut calibre présents. Il faut aller dans les plus petits salons ou organiser quelque chose dans une librairie de quartier ou un petit café.

Est-ce que les salons vous inspirent pour écrire?
Cette année, j'ai l'intention de réaliser de petites scènes sur la cohue et sur les auteurs seuls durant les salons. On voit tous ces gens et ces enfants qui lisent couchés par terre. On se dit que tout le monde lit au Québec, puis on réalise qu'il y a 30 % d'analphabètes. On a un problème.

Quand dessinez-vous?
Je dessine tous les jours. Je vais au restaurant avec mon calepin. Je dessine partout. Même fatigué, même malade, même dans le métro, je dessine. Je dessine en voyage, en vacances. C'est comme une drogue, un plaisir. Je peux compter sur les doigts d'une main les journées où je ne dessine pas.

Qu'est-ce qui vous inspire pour vos livres?
Je circule beaucoup en vélo, mais je ne dessine pas à vélo. Toutefois, c'est facile de s'arrêter dans un parc quand j'ai une idée. Le vélo est très salutaire pour moi et inspirant pour trouver des histoires. Il me permet aussi de parler à des gens qui m'inspirent.

Un livre qui compte pour vous et pourquoi?
Le voleur de couleur, de Tony Ross. On me l'a offert au début des années 80 et ça m'a fasciné.

Quels sont vos projets dans un avenir proche?
Je travaille sur une histoire inspirée d'un Inuit rencontré sur le boulevard Saint-Laurent quand je roulais en vélo. Ça sortira d'ici les 10 prochaines années. J'ai une dizaine d'idées d'histoires en chantier qui attendent et évoluent. J'aime avoir le temps.

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