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23 noms pour les futures stations de la ligne rose

Jean-François Nadeau est l'un des invités d'honneur du Salon du livre de Montréal, qui souligne cette année le 375e anniversaire de la ville. Nous avons profité de ses connaissances historiques pour nous amuser à lui soutirer des noms potentiels de stations de la future ligne rose.

Un texte de Cécile Gladel et Sophie Cazenave

La nouvelle mairesse de Montréal, Valérie Plante, qui est assermentée jeudi, a lancé l’idée d’une nouvelle ligne de métro avec 29 stations. Radio-Canada a déjà dévoilé leur emplacement, et nous poursuivons le travail en tentant de leur trouver des noms.

La liste de noms ci-dessous vise uniquement à commencer la discussion. Jean-François Nadeau l’a dressée rapidement à notre demande, ce ne sont donc que des idées. Il y en a 23 : 12 noms de femmes, 11 noms d’hommes. Vous avez des idées pour enrichir la liste? Laissez-les dans les commentaires.

Les femmes, grandes oubliées de la toponymie

« J’ai mis surtout des noms de femmes. Elles sont quasi oubliées dans la toponymie montréalaise. Montréal étant une métropole, il serait aussi malvenu de ne prendre que des noms de gens qui viennent de cette ville. C’est pourtant un peu ce que j’ai fait. Il me semble que plusieurs de ces noms sont tout à fait incontournables », souligne-t-il.

Pourquoi si peu de femmes dans la toponymie? « Pendant très longtemps, les critères de la perception sociale de la réussite par les hommes étaient plus valorisés », explique Jean-François Nadeau.

Il ajoute qu’il ne suffit pas de nommer les stations de métro et qu’il faut aussi savoir d’où viennent leurs noms. « On devrait prendre l’exemple français : quand on rend hommage à une personnalité, on la prend du berceau jusqu’au tombeau. On indique où cette personnalité est née, a vécu, est morte. L’autre option, c’est de faire comme des villes de banlieue et donner des noms de fleurs et d’oiseaux qui portent peu à conséquence. »

Les futures stations pourraient aussi porter des noms de personnalités étrangères comme Nelson Mandela, Mohammed Ali ou Abraham Lincoln. « Des gens d’ailleurs viennent à Montréal tous les jours. Ça pourrait aussi être des lieux importants, des marqueurs identitaires. Par exemple, la crosse est un symbole autochtone », suggère Jean-François Nadeau.

23 personnalités pour le nom des stations de la ligne rose

Kateri Tekakwitha

Née en 1656 dans le village mohawk d'Ossernenon (aujourd'hui Ariesville) dans l'État de New York, Kateri Tekakwitha a perdu sa famille alors qu'elle avait quatre ans. La petite vérole qui a emporté ses proches l’a laissée presque aveugle et le visage grêlé. La jeune femme a passé les dernières années de sa vie à la seigneurie du Sault-Saint-Louis, aujourd’hui Kahnawake. Elle est morte en 1680, à 24 ans. La légende veut que les cicatrices de son visage aient disparu sur son lit de mort et que sa peau soit redevenue lisse. Plusieurs miracles, notamment des guérisons de malades et des apparitions, lui ont été attribués. Elle sera finalement canonisée par le pape Benoît XVI en 2012.

Simonne Monet-Chartrand

Militante pendant plus d'un demi-siècle, Simonne Monet-Chartrand a été de toutes les luttes au Québec : droits des femmes, pacifisme, libertés civiles, syndicalisme. Elle a souvent lutté aux côtés de son mari, le syndicaliste Michel Chartrand. Née en 1919 à Montréal, elle est décédée en 1993 à Richelieu.

Anne Hébert

L’écrivaine Anne Hébert est née en 1916 à Sainte-Catherine, un petit village situé à une quarantaine de kilomètres de Québec. Elle a reçu de nombreux honneurs littéraires, dont le Prix des libraires en 1971 pour Kamouraska et le prix Femina en 1982 pour Les fous de Bassan. Anne Hébert est morte le 22 janvier 2000 à Montréal, à l’âge de 83 ans.

Yvonne Hubert

Élève de Gabriel Fauré, elle a formé à Montréal les meilleurs musiciens jusqu’à sa mort en 1988. Elle est née en 1895 en Belgique et s’est installée dans la métropole en 1926. La Place des Arts a nommé la grande salle de répétition en son honneur.

Emma Albani

L’une des sopranos les plus importantes du 19e siècle. Née Marie-Louise-Emma-Cécile Lajeunesse en 1847 à Chambly, Emma Albani était une enfant prodige. Ses parents, tous deux musiciens, ont découvert la beauté de sa voix lorsqu’elle a commencé à chanter à l’âge de 3 ans. Elle est morte en 1930 à Londres.

Léa Roback

Militante pour les droits des travailleuses et syndicaliste, Léa Roback est née à Montréal en 1903 dans une famille d'immigrants juifs polonais. Elle a passé son enfance à Beauport, près de Québec. Pionnière du féminisme au Canada, elle s'est éteinte à l'âge de 96 ans en 2000, à Montréal.

Un documentaire a été réalisé sur Léa Roback par Sophie Bissonnette : Des lumières dans la grande noirceur.

Éva Circé-Côté

Montréal lui doit le développement de sa bibliothèque publique à titre de première bibliothècaire. Poète et journaliste, Éva Circé-Côté était d'abord et avant tout une femme à l'esprit humaniste et moderne, raconte Jean-François Nadeau. « C'était une féministe avant la lettre. Elle défendait les femmes, et c'était très révolutionnaire d’être féministe au début du 20e siècle. » D'abord connue comme bibliothécaire, elle a fait de l'éducation son cheval de bataille. C’est une pure Montréalaise. Elle est née le 31 janvier 1871 dans la métropole et y est morte le 4 mai 1949.

Mary Travers, La Bolduc

Chanteuse populaire, Madame Bolduc, née Mary Travers, a vécu dans la misère avant de raconter la vie du peuple montréalais dans ses chansons. Née le 4 juin 1894 à Newport, en Gaspésie, elle est arrivée en 1907 à Montréal, où elle a travaillé comme bonne dans une résidence du square Saint-Louis. Elle est morte le 20 février 1941 à Montréal.

Judith Jasmin

Cette pionnière du journalisme est née le 10 juillet 1916 à Terrebonne. Elle s’est d’abord fait connaître comme comédienne avant d’être embauchée à Radio-Canada. En 1951, avec un certain René Lévesque, elle a couvert le voyage au Canada de la princesse Élisabeth et du duc d’Édimbourg. En 1959, elle est devenue la première femme grande reporter. En 1966, elle a été nommée correspondante aux Nations unies à New York et première correspondante à l’étranger de Radio-Canada. Atteinte d’un cancer, elle s’est éteinte en 1972, à 56 ans. Depuis 1975, la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) remet des prix qui portent son nom et qui récompensent le meilleur du journalisme de l’année.

Madeleine Parent

Née en 1918 à Montréal au sein d'une famille de classe moyenne aux idées libérales, Madeleine Parent a fréquenté le Couvent Villa-Maria et l'École Trafalgar, une école secondaire réputée, avant d'être admise à l'Université McGill. Cette syndicaliste aura mené une vie consacrée entièrement au militantisme, en embrassant diverses causes dès son plus jeune âge. Elle est décédée à Montréal le 12 mars 2012, à l'âge de 93 ans.

Jeanne Mance

Ce n'est qu'en 2012 que Jeanne Mance a été reconnue officiellement comme cofondatrice de Montréal, aux côtés du sieur de Maisonneuve. Née en 1606 dans la commune de Langres, en France, elle est partie en Nouvelle-France à 34 ans dans l’objectif d’aider les colons. Elle a créé l'Hôtel-Dieu en 1642 et a assuré l'administration de la municipalité naissante. Jeanne Mance est morte le 18 juin 1673 à 67 ans. Elle n'a laissé aucun journal ni aucune correspondance, d'où la difficulté de reconstituer son histoire.

Émilie Gamelin

Pionnière de l'aide aux démunis à Montréal. Soutenue par l'Église, elle a tout mis en œuvre afin de mettre en place l'hospice Gamelin et l'hôpital Louis-Hippolyte-Lafontaine. Née à Montréal en 1800, elle y est décédée en 1851.

James Wilson Morrice

Mis en vedette dans plusieurs lieux d’exposition prestigieux à travers le monde, le peintre James Wilson Morrice est le premier Canadien à s’être distingué parmi l’élite artistique. Né à Montréal en 1865, l’artiste s’est envolé vers Paris pour étudier l’art, sans jamais revenir habiter dans son pays natal. Il est mort à Tunis le 23 janvier 1924.

Mordecai Richler

Auteur montréalais incontournable, Mordecai Richler (1931-2001) a connu le succès à partir de 1959 grâce à son roman L'apprentissage de Duddy Kravitz.

Paul-Émile Borduas

Peintre, chef de file du mouvement automatiste et auteur principal du Refus global, Paul-Émile Borduas a eu une profonde influence sur le développement des arts au Québec. Né le 1er novembre 1905 à Saint-Hilaire, il s'est exilé à New York en 1953. Deux ans plus tard, Borduas est parti à Paris, où il a fini ses jours en 1960 à l'âge de 54 ans.

Hubert Aquin

Né le 24 octobre 1929 à Montréal, il est l'une des grandes voix du roman au Québec. C'était aussi un cinéaste militant ainsi qu’un intellectuel engagé farouchement antifédéraliste. Cette figure reste aussi marquante que problématique dans l’histoire littéraire québécoise et canadienne. La preuve : il a causé un tollé national plus de 25 ans après sa mort brutale à Montréal en 1977.

Pierre Perrault

Cinéaste documentariste et poète, il a laissé derrière lui une œuvre cinématographique colossale. Parallèlement à son cinéma, il a publié une vingtaine d'ouvrages, dont plusieurs lui ont valu de prestigieux prix littéraires. Né le 29 juin 1927 et mort le 24 juin 1999, il est considéré comme un artiste majeur ayant permis au pays de se façonner une mémoire.

Kondiaronk

Reconnu pour son éloquence et son sens de la répartie, le chef huron de Michillimakinac est une figure importante et pourtant méconnue de la Grande Paix de Montréal. Il est mort à Montréal le 2 août 1701, deux jours avant la signature de la Grande Paix.

Jacques Ferron

L'œuvre littéraire de Jacques Ferron (1921-1985) prend la forme de romans, de contes et d'historiettes, mais aussi d'une énorme correspondance et de nombreuses lettres d'opinion. Ce médecin généraliste ayant pratiqué dans des milieux défavorisés est devenu l'une des plumes marquantes de l'histoire du Québec. Il est aussi l’un des fondateurs du parti Rhinocéros et a été un médiateur important durant la crise d'Octobre. Il est mort à 64 ans d'un arrêt cardiaque le 22 avril 1985.

Frère Marie-Victorin

Le frère Marie-Victorin, de son vrai nom Conrad Kirouac, est né le 3 avril 1885 à Kingsey Falls et est mort le 15 juillet 1944 à Montréal. Botaniste et fondateur du Jardin botanique de Montréal, il est aussi considéré comme le premier environnementaliste québécois.

Armand Frappier

Après avoir perdu sa mère des suites de la tuberculose, le Dr Armand Frappier a décidé de vouer sa vie à la lutte contre cette maladie infectieuse. Au cours de sa longue carrière, il a non seulement atteint cet objectif, mais également contribué à l'émergence d'une communauté scientifique canadienne-française. Né le 26 novembre 1904 à Salaberry-de-Valleyfield, il est mort le 17 décembre 1991 à Montréal.

Léo-Ernest Ouimet

Fils de fermier, il est né en 1877 à Laval et est mort le 2 mars 1972 à Montréal. Pionnier du cinéma, il tourne lui-même, de façon artisanale, des films d'actualité qu'il présente dans son cinéma. Il filme notamment l'effondrement du pont de Québec (1907), l'incendie de Trois-Rivières (1908) et les funérailles de Wilfrid Laurier (1919). Ce sont les premières actualités filmées au Canada. Léo-Ernest Ouimet a marqué l'histoire du cinéma au Québec et au Canada. Propriétaire de salles, producteur, distributeur et même réalisateur de films, il s'est retrouvé à la tête d'une gigantesque entreprise cinématographique.

William Notman

Né le 8 mars 1826 au Royaume-Uni, il est décédé le 25 novembre 1891 à Montréal. Il a été un photographe majeur en Amérique du Nord au 19e siècle, ayant immortalisé le gratin montréalais, des lieux cultes de la ville et des paysages canadiens d'un océan à l'autre. Visionnaire, William Notman s'est également amusé à manipuler la photo avant l'avènement du logiciel de retouches Photoshop.

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