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375e de Montréal : les Autochtones inclus après des discussions difficiles

Après quatre mois de négociations, les Premières Nations et les Inuits auront une place importante lors des célébrations du 375e anniversaire de Montréal. Mais les Autochtones ont dû lutter pour que les festivités aient un contenu qui les reconnaît.

Un texte de Karoline Benoit, d'Espaces autochtones

La coprésidente du Réseau pour la stratégie urbaine de la communauté autochtone de Montréal, Marie-Josée Parent, explique qu’il aura « fallu l’intervention du chef Picard [de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador] et du Réseau pour arriver à changer la façon dont les choses se faisaient ».

« On voulait être reconnus comme de grands créateurs et avoir une liberté d’expression complète dans le contenu », dit-elle, indiquant que « les conversations ont été difficiles avec le comité du 375e ».

Elle explique que les organismes culturels autochtones de Montréal ont insisté pour présenter un « contenu à leur image ». Ils refusaient également que leurs projets soient évalués par un jury non autochtone « qui ne maitrise pas nos pratiques culturelles et notre perspective de la culture ».

« C’est ce qu’on a obtenu », se réjouit-elle.

Des activités autochtones pour le 375e

Des organismes culturels de tous horizons participeront ainsi aux festivités qui vont marquer l’anniversaire de la métropole. Il y aura notamment Terres en vue avec son festival annuel Présence autochtone.

Le Wapikoni mobile sera également de la partie avec un projet de vélos triporteurs dans les ruelles de Montréal, et les Productions Manuentakuan et Onishka présenteront des pièces de théâtre et des spectacles.

Les Productions Feux Sacrés, AbTeC, le Jardin des Premières Nations, Montréal Autochtone, le Cercle des Premières Nations de l’UQAM et Odaya mèneront aussi des activités dans le cadre du 375e.

Marie-Josée Parent explique que certains de ces organismes culturels autochtones seront financés par le comité du 375e, et d’autres non.

« Mais tous les projets vont être sur un pied d’égalité », assure-t-elle, afin de présenter une programmation représentative de la richesse des cultures autochtones.

Elle affirme qu’il y aura des activités autochtones tout l’été dans le Vieux-Montréal, dans le quartier des spectacles, au centre-ville et dans tous les arrondissements de Montréal.

La compagnie Ondinnok ne se « sent pas respectée »

La compagnie de théâtre Ondinnok, créée en 1985, a cependant fait le choix d'être absente aux célébrations du 375e.

« Pour eux, cet anniversaire n’a pas nécessairement sa place, car Montréal n’a pas 375 ans, mais 6375 ans », croit Marie-Josée Parent, qui dit respecter la décision de la compagnie de théâtre.

La fondatrice et directrice administrative d’Ondinnok, Catherine Joncas affirme que la compagnie n’a pas été invitée aux discussions pour planifier les festivités.

« On a trouvé l’attitude du comité organisateur des célébrations extrêmement cavalière parce que ça fait au moins deux ans que le processus est lancé et ils ne sont pas venus nous consulter, nous demander ce qu’on voulait faire », déplore-t-elle.

Elle dénonce le fait que le comité ait plutôt misé sur le film de François Girard, Hochelaga, terre des âmes, comme projet autochtone.

« Mais pour nous, ce n’est pas un projet autochtone. Un projet autochtone, c’est quand le réalisateur, le directeur, les écrivains, la tête pensante sont autochtones », explique-t-elle.

Célébration de la résilience

Pour Catherine Joncas, « la seule chose à célébrer, c’est la résilience des artistes autochtones ».

Ondinnok organise donc un grand rassemblement des artistes autochtones du Québec les 17 et 18 mai à Montréal, en même temps que la Ville lancera les célébrations du 375e en illuminant le pont Jacques-Cartier.

Cette rencontre sera l’occasion de faire le point sur la pratique artistique autochtone et de préparer des recommandations afin que les artistes obtiennent un meilleur appui de la part des gouvernements.

Ondinnok offrira par ailleurs trois créations lors du troisième Printemps autochtone d'Art, pour « transcender les relations irréconciliées entre le Canada et les peuples autochtones, présentes et passées ».

Projets menés par des organisations non autochtones

En plus du film de François Girard, qui retrace l'histoire de Montréal au cours des siècles, plusieurs autres projets sont menés par des non-Autochtones.

Le Centre des Sciences de Montréal proposera une exposition sur l’innovation autochtone et Cité Mémoire projettera des lumières à contenu historique avec une partie autochtone dans le Vieux-Montréal et le centre-ville.

Le Musée des beaux-arts, le Musée McCord, l’Université Concordia et l’Université McGill élaborent de leur côté une exposition historique et une marche pour la paix.

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