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40 M$ en moins pour rénover les écoles du Québec

La Commission scolaire de Montréal (CSDM) s'insurge contre la diminution importante du financement consacré à la réfection des écoles par le ministère de l'Éducation. Il s'agit pour l'ensemble de la province d'une réduction de 40 millions de dollars, soit près de 30 % du budget de résorption du déficit de maintien d'actif d'immobiliers.

Un texte de Louis-Philippe Ouimet

Plusieurs écoles du Québec sont en mauvais état et l'argent se fait rare pour les rénover. Deux documents finalisés à l'été 2015, l'un rédigé par la CSDM et l'autre par la Fédération des commissions scolaires du Québec et l'Association des directions générales des commissions scolaires du Québec (ADIGECS), dénoncent la mesure gouvernementale.

« La Fédération et l'ADIGECS constatent que le montant alloué à la mesure 50622 (résorption du déficit de maintien) est passé de 137 M$ en 2014-2015 à 97 M$ en 2015-2016, soit une baisse de 40 M$. Compte tenu de l'ampleur des besoins en cette matière, les raisons de cette baisse doivent être clarifiées auprès du réseau », peut-on lire dans le mémoire de la Fédération.

Montréal, ville la plus touchée

Ce qu'on appelle le budget de résorption du déficit de maintien d'actifs immobiliers est une somme allouée pour rattraper le retard accumulé dans l'entretien des écoles. La Commission scolaire de Montréal perdra près de 20 millions de dollars avec cette mesure.

« Ça fait beaucoup de portes, de fenêtres, de travaux de maçonnerie et de toitures en moins », s'inquiète la présidente de la CSDM, Catherine Harel-Bourdon. Elle ajoute que, pour la résorption du déficit de maintien d'actif immobilier, il n'y a pas eu « d'argent additionnel depuis les six derniers mois ». La présidente de la CSDM affirme que les millions de dollars annoncés par l'ancien ministre de l'Éducation ne font pas partie de ce budget pour les infrastructures.

La réaction du gouvernement

Le ministère de l'Éducation répond par écrit que « les prochaines années devraient permettre d'attaquer encore la résorption du déficit de maintien d'actifs ». Les budgets accordés n'ont pu être confirmés, mais le ministère souligne toutefois « qu'il s'agit d'un travail de longue haleine qui demande une approche équilibrée ». Rappelons que l'ex-ministre de l'Éducation François Blais s'était engagé à investir davantage dans les écoles du Québec.

L'opposition officielle et des parents réagissent

Le porte-parole de l'opposition officielle en matière d'éducation, Alexandre Cloutier, s'insurge et demande un plan national d'infrastructures. « Je n'en reviens pas. Le gouvernement sait qu'il y a plus de 500 écoles au Québec qui sont carrément en ruines et il sait que les besoins explosent. Au même moment, il décide de couper dans les budgets. »

La porte-parole du regroupement « Je protège mon école publique », Pascale Grignon, ajoute que « c'est inadmissible et outrageant ». « Les parents sont inquiets et ils ont lancé un message très clair au gouvernement, l'éducation doit être une priorité », rappelle-t-elle.

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