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À la rescousse d’une plante menacée sur un îlot du Saint-Laurent

La minuscule île Rock, située juste après les rapides de Lachine dans le fleuve Saint-Laurent, est un des rares endroits au Québec où on peut trouver la carmantine d'Amérique. Le gouvernement fédéral y subventionne un plan de conservation pour protéger cette espèce aquatique menacée.

Cette plante à l’apparence banale joue un rôle important dans son habitat. Elle pousse dans des sols qui contiennent beaucoup de matière organique, près des eaux rapides, et ses racines freinent l’érosion.

« Au pied des rapides, c’est l’endroit idéal pour elle », souligne le biologiste Jason Di Fiore, directeur de l’organisme Héritage laurentien, qui pilote le plan de conservation.

L’organisme reçoit 50 000 $ sur trois ans du Programme intendance habitats d’Environnement et changement climatique Canada. Divers partenariats lui fournissent l’équivalent en nature, notamment le ministère québécois du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques de même que Conservation nature Canada qui possède deux îles voisines : l’île aux Chèvres et l’île aux Hérons.

Ce financement a d’abord permis d’identifier les deux principales menaces pour la carmantine :

  • La compétition du phragmite roseau, une plante exotique envahissante,
  • Le piétinement par les gens qui se rendent sur l’île à bord d’une embarcation.

« De façon globale, la conservation des espèces menacées joue un rôle primordial pour le maintien de la biodiversité. Et on sait que dans les écosystèmes, plus la biodiversité est élevée, plus ils sont résilients aux changements, aux perturbations. Donc pour conserver des écosystèmes en bonne santé, il faut préserver des espèces menacées », souligne Jason Di Fiore.

On ne sait pas comment le phragmite roseau s’est rendu sur l’île, mais Jason Di Fiore fait l’hypothèse que des chasseurs l'utilisent pour camoufler leur chaloupe.

Héritage laurentien a donc embauché un gardien pour l’île, qui est inscrite au registre des aires protégées du Québec. Duane Boisclair a pour mission d’arracher les plants de phragmites et de détruire leurs racines, mais aussi d’accueillir les visiteurs sur l’île pour les sensibiliser à la nécessité de protéger la carmantine.

Héritage laurentien a aussi aménagé deux accès « officiels » pour les embarcations, afin de réduire le plus possible le piétinement des massifs de carmantine.

De plus, des panneaux indiquent un peu partout sur l’île les endroits où se trouvent la carmantine et son statut d’espèce protégée.

Jason Di Fiore espère qu’à la fin du programme, les utilisateurs prendront eux-mêmes la responsabilité de veiller sur cette plante menacée et sur son habitat.

Avec des informations de Normand Grondin

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