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À lui seul, le retour de Claude Julien en dit long sur son évaluation du CH

BILLET – Ironiquement, c'est probablement en accordant un vote de confiance à Michel Therrien, en avril dernier, que Marc Bergevin est parvenu à convaincre Claude Julien de reprendre les commandes du Canadien.

Dans la LNH, les entraîneurs qui ont suffisamment de métier et de crédibilité pour choisir leur prochaine équipe choisissent en fait leur prochain directeur général. La première question qui leur vient en tête est de savoir s’ils pourront faire confiance au DG qui les courtise quand le bateau se mettra à tanguer.

La sécurité d’emploi étant inexistante dans ce métier, on n’est jamais trop prudent.

Dans la LNH, il y a des directeurs généraux et des propriétaires qui s’essuient les pieds sur leur entraîneur dès l’apparition des premiers nuages gris.

Et il y a des directeurs généraux comme Marc Bergevin, qui était allé au front pour Michel Therrien à la fin de la saison dernière et qui avait encaissé tous les coups en assumant l’entière responsabilité de l’historique débandade de l’équipe. Therrien, d’ailleurs, tire sa révérence après avoir complété le plus long séjour derrière le banc du CH depuis Scotty Bowman, à la fin des années 1970.

Dans la confrérie des entraîneurs, ce ne sont pas des situations qui passent inaperçues.

Si Claude Julien rentre à Montréal avec une bague de la Coupe Stanley au doigt et une crédibilité sans faille, il le doit d’ailleurs à un directeur général, Peter Chiarelli, qui l’avait protégé à ses débuts chez les Bruins.

Au printemps 2010, en demi-finale de l’Est, les Bruins s’étaient forgé une avance de 3 victoires à 0 face aux Flyers de Philadelphie. Mais ils s’étaient effondrés et s’étaient finalement inclinés en sept matchs, après avoir bousillé une confortable avance de 3-0 dans l’ultime rencontre.

Dans bien des marchés, Julien aurait été congédié après cet humiliant revirement. Mais contre vents et marées, Chiarelli s’était rangé derrière lui. Et un an plus tard, Claude Julien et les Bruins ont soulevé la coupe Stanley.

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Congédié il y a une semaine, Julien aurait bien pu poser les pieds sur un pouf, encaisser ses chèques de paie, passer du temps de qualité avec sa famille jusqu’à l’été, puis choisir la meilleure équipe disponible parmi celles qui allaient assurément lui faire la cour.

Les entraîneurs ayant un statut comme le sien ne se précipitent jamais pour remonter en selle. Ils attendent habituellement que les astres s’alignent et que se présente un défi à leur mesure.

Si Claude Julien accepte de rentrer à Montréal, c’est donc parce qu’il croit très fermement au potentiel du Canadien et à ses chances de connaître de longs parcours en séries éliminatoires. À elle seule, sa décision de réintégrer le giron du CH se veut une puissante profession de foi.

D’autant plus que Julien connaît parfaitement les exigences du marché montréalais. Après avoir partagé la scène bostonienne avec les Red Sox, les Patriots et les Celtics, il faut lui reconnaître un énorme courage pour replonger dans une marmite médiatique où il n’est question que du Canadien, du Canadien et encore du Canadien.

Il est donc clair que l’image qu’il se fait de sa nouvelle équipe est celle du CH qui terrorisait la LNH en octobre et en novembre. Il n’est certainement pas revenu pour tenter de limiter les dégâts ou simplement atténuer la descente à laquelle on assiste depuis le début de l’année 2017.

Cela dit, on se demande encore comment Geoff Molson ou Marc Bergevin ont pu convaincre les Bruins de les laisser négocier avec Claude Julien alors que s’amorce le dernier droit de la saison et que les deux rivaux historiques, qui jouent dans la même division, ne sont séparés que par six points au classement.

- Ou bien Claude Julien avait dans son précédent contrat une clause prévoyant une situation aussi délicate.

- Ou bien les Bruins ont voulu ainsi remercier un ex-employé qui leur a offert l’une des plus fructueuses décennies de leur histoire.

Au moins, les Bruins et le CH ne s’affronteront plus d’ici la fin du calendrier. Mais on n’ose imaginer la guerre qui s’enclencherait si les deux équipes devaient croiser le fer en séries.

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Le retour de Claude Julien s’avère aussi une excellente nouvelle pour Carey Price, dont le désintéressement des dernières semaines ressemblait étrangement au cafard qui étranglait Sidney Crosby la saison dernière, avant que la direction des Penguins finisse par larguer l’entraîneur Mike Johnston.

L’hiver dernier à Pittsburgh, dès l’arrivée en poste de Mike Sullivan, un système de jeu axé sur la rapidité avait été adopté et la métamorphose de Sid the Kid avait été instantanée.

On connaît la suite.

Claude Julien est reconnu pour l’étanchéité de sa structure défensive. C’est sa marque de commerce.

Ce retour à la stabilité, ainsi que l’enthousiasme provoqué au sein du groupe par l’arrivée d’une nouvelle voix derrière le banc, permettront à Price de redevenir le meilleur joueur de l’équipe et de terminer la saison en force.

Par ailleurs, il ne faudrait pas se surprendre que des joueurs comme David Desharnais et Greg Pateryn, qui vivaient en permanence dans la niche de Therrien, retrouvent un certain dynamisme avec l’arrivée d’un nouvel entraîneur. On peut aussi ajouter Andrew Shaw à ce groupe. Dès son arrivée à Montréal, l’ancien porte-couleur des Blackhawks avait été un brin désarçonné par le style, disons direct, de Michel Therrien.

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Ce qui est arrivé mardi était inévitable. Marc Bergevin n’avait plus le choix.

J’avais écrit mardi dernier que le congédiement de Claude Julien à Boston avait de très fortes chances d’avoir un effet direct sur le statut de Michel Therrien à Montréal.

Personne, toutefois, ne pouvait prédire que ce changement allait survenir seulement sept jours plus tard.

D’un côté, le CH a continué à perdre en jouant de façon désintéressée. Et de l’autre, en patientant trop longtemps, Marc Bergevin courait le risque de voir Julien être embauché ailleurs. Le DG du CH aurait par le fait même laissé filer l’un des meilleurs entraîneurs de la LNH et le meilleur candidat francophone disponible pour prendre les commandes de sa formation.

Claude Julien accueillera ses nouveaux joueurs à Brossard vendredi. Il a décortiqué leur jeu tellement souvent qu’il les connaît déjà presque par cœur.

On leur conseille d’être prêts. Michel Therrien étant parti, leur banque de bouc émissaires est maintenant épuisée.

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