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À mi-parcours, surprises et déceptions ne manquent pas dans la LNH

BILLET – Dans chaque entreprise, le bilan de mi-année peut servir à souligner les bons coups. Il peut aussi se transformer en cauchemar.

C'est pourquoi la majorité d'entre elles divisent l’exercice en trimestres pour rectifier le tir au besoin et réorienter leurs objectifs pour se rendre rentables ou limiter leurs pertes.

Dans le hockey, l'exercice n'est pas si facile, car il est impossible de prévoir l'avenir. Les objectifs à court terme sont présents comme des tranches de 10, 15 ou 20 matchs.

Ce qui est pervers dans tout cela, c’est qu'à tout moment, un directeur général peut avoir à se retourner sur un 10 sous pour sauver la saison et rendre son président et son propriétaire heureux à la fin de l’exercice fiscal.

Plusieurs d'entre eux, comme Marc Bergevin, feront leurs frais et empocheront un surplus, que le club gagne ou perde. Pour d'autres marchés, le succès sur la patinoire est synonyme de profits, mais le contraire est aussi vrai.

Cependant, le partage des revenus entre formations est toujours bienvenu pour les équipes de dernier fond de peloton dans la LNH. Ce qui leurs permet de se garder à flot.

Nous avons droit à une saison remplie de rebondissements. Ce qui rendra les choses intéressantes d'ici la fin de saison.

Voyons voir les plus grandes surprises et déceptions à mi-parcours.

Les déceptions

La plus grande selon moi: les Oilers d'Edmonton.

L'an passé, à la mi-saison, les Oilers avaient une fiche de 21-13-7 avec un total de 49 points, 10e au classement général, 8e au chapitre des buts marqués et un excellent dossier sur la route de 12-6-5.

Cette année, ils affichent un dossier de 18-20-3 pour 39 points avec un affreux différentiel de -16. Sur la route, ils jouent sous la barre des ,500. À domicile, ils ont un taux de réussite de ,409.

La grosse différence se retrouve devant le filet. Cam Talbot avait déjà atteint la marque des 20 victoires après 41 matchs des siens en 2016-2017 avec un excellent pourcentage d'efficacité de ,920. Cette saison : un maigre ,905. Tout cela en recevant un taux plus faible de lancers par match comparativement à l'an dernier. Il a terminé la saison au sommet avec 42 victoires et ayant amorcé 73 rencontres.

L'impatience s’est fait sentir à plusieurs reprises publiquement de la part de l'entraîneur Todd McLellan en s'en prenant ouvertement à ses joueurs. Pas sûr que c'est une bonne idée.

Sénateurs d'Ottawa

La Capitale nationale était à un petit but de voir leur équipe en finale de la Coupe Stanley l'an passé après une défaite crève-cœur au 7e match en 2e prolongation face aux puissants Penguins de Pittsburgh.

Plusieurs facteurs entrent en ligne de compte ici.

Premièrement, la précarité du marché. Le soutien des partisans au quotidien n'est pas au rendez-vous. La preuve : l'amphithéâtre n'était pas rempli en séries l'an passé.

Eugene Melnyk s’était toujours imposé une limite salariale plus près du plancher que du plafond. Ce qui rendait les choses difficiles pour ses hommes de hockey. Il a ouvert les vannes quelque peu ces dernières années, mais semble vouloir les refermer avec la transaction de Kyle Turris. Il ne sera pas au bout de ses peines, car Erik Karlsson devient joueur autonome sans compensation à la fin de la saison 2018-2019.

Guy Boucher a toujours eu un impact instantané sur ses équipes. Il voit maintenant son emprise s'effriter. Mon collègue Martin Leclerc nous faisait remarquer la semaine passée que Boucher avec le Lightning de Tampa Bay, le SC Berne dans la LNA de Suisse et les Sénateurs d'Ottawa à sa première saison, affichaient tous un taux d'efficacité remarquable de ,633 comparativement à ,433 pour les années subséquentes.

Est-ce que son style défensif à outrance tape sur les nerfs de son as défenseur? À mon avis, si un joueur utilise ceci comme excuse pour expliquer ses contres performance offensive, il fait fausse route.

La perte de Marc Méthot aux Golden Knights de Vegas (ensuite transigé aux Stars de Dallas). L'absence d'Erik Karlsson en début de saison et l'arrivée de Matt Duchene qui n'a eu aucun effet sont également des facteurs.

En terminant, je ne crois pas que Pierre Dorion a présentement toute la latitude requise pour replacer les choses, côté transaction.

Les Penguins de Pittsburgh et les Blackhawks de Chicago font aussi partie de mes déceptions présentement, mais ils ont tellement joué de matchs sur de longues périodes dans les dernières années… C'est ce qui peut expliquer les contre-performances de ces deux puissances.

En conclusion

Nos Glorieux font aussi partie de cette liste. Par contre tout a déjà été dit à leur sujet et cela deviendrait de l'acharnement.

Mettons fin au supplice. On ferme les livres et on se retrouve en septembre prochain au club de golf Laval-sur-le-lac pour un nouveau départ.

Surprises

Golden Knights de Vegas

Cela est littéralement digne d'un conte de fées. Deuxième au classement général, cette équipe ne semble pas vouloir ralentir.

Comment une équipe d'expansion peut-elle se retrouver à égalité au 2e rang des buts marqués dans la LNH ou bien être la 6e équipe du circuit ayant accordé le moins de buts tout en utilisant pas moins de cinq gardiens depuis le match initial de la concession en octobre dernier?

Tout cela avec des effectifs de second plan laissés en majorité sans protection par leurs anciennes équipes. Pas de joueurs dans le top 10 ou même dans le top 25. Le nouveau millionnaire de la LNH, Jonathan Marchessault, arrive au 26e rang des pointeurs. La brigade défensive est constituée de 4e, 5e et 6e défenseurs. Une bande de cols bleus, quoi!

Vegas est à l'image de mon ancien coéquipier Gerard Gallant. Ils sont des travailleurs acharnés qui n'ont peur de rien. Ils laissent tout sur la patinoire et n’ont aucun regret.

Jets de Winnipeg

Virage à 180 degrés depuis avoir manqué les séries l'an dernier. Troisième au classement général, cette équipe est transformée. Menée par le trio de Blake Wheeler, Patrik Laine et Mark Scheifele qui occupe le deuxième rang à l'offensive avec les Golden Knights et les Islanders. De plus, ils sont 2e dans la LNH devant le Lightning pour les avantages numériques.

La grosse différence est en défense et devant le filet. Une brigade défensive solide composée de Myers, Byfuglien, Morrisey et Trouba, limitant bien l'adversaire. Onzième équipe du circuit en défense. Le jeune gardien de 24 ans Connor Hellebuyck a ravi le poste de gardien numéro un à Steve Mason avec un taux d'efficacité de ,922.

Les Devils de New Jersey sont également une surprise cette saison. L'arrivée des jeunes talents Nico Hischier et Will Butcher, ainsi qu’un Taylor Hall en pleine possession de ses moyens fait de cette équipe une formation sérieuse. Cette équipe a été remise aux jeunes. Il était temps!

En début de saison, je ne donnais pas cher de la peau à John Haynes et son adjoint, mon ami Alain Nasreddine. Ils ont bien relevé le défi. Personne ne pourra prendre les Devils à la légère d’ici la fin de saison.

Pour ma dernière surprise, j’ai une pensée pour un individu qui un jour m'a fait sursauter en regardant le classement des marqueurs, car il s’y trouvait au 2e rang en début de semaine passée. Il occupe présentement le 4e rang avec 50 points (12 but et 38 passes), à égalité avec son estimé coéquipier John Tavares. Huit points derrière Nikita Kucherov installé au 1er rang.

Josh Bailey, n’a atteint la marque des 50 points qu’une fois en 9 saisons, l’an dernier (56 points en 82 matchs). Va-t-il continuer sur sa lancée et aider sa formation à se tailler une place à la danse printanière? Les Islanders sont présentement à deux points des Hurricanes de la Caroline, détenteurs de la dernière place en série, et 5 points de la troisième place dans la Métropolitaine, occupée par les Rangers de New York.

Voilà pourquoi le hockey de la LNH est si intéressant. La parité est au rendez-vous, ce qui laisse place à beaucoup de rebondissements - positifs et négatifs, dépendamment du côté où vous vous trouvez. Il y en a pour tous les goûts!

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