Le petit signe que Lewis Hamilton a fait à Lance Stroll durant le Grand Prix du Canada vaut bien plus, aux yeux du Québécois, que les deux points marqués.

C'était comme s'il lui disait : « Bravo! tu as trouvé la clé ». Celle que Lance Stroll cherchait depuis le début de la saison.

La porte de la F1, ils avaient été deux à l’ouvrir, Lance et son père Lawrence.

Dimanche, sur le circuit Gilles-Villeneuve, Lance Stroll a ouvert, avec sa combativité et son comportement en piste, une porte que seul lui pouvait ouvrir : celle du respect.

Pour la première fois de la saison, à bord de sa FW40, le Québécois de 18 ans a attaqué comme jamais on l’avait vu attaquer depuis ses débuts en Australie.

Pour la première fois, il était en parfaite osmose avec sa machine. Il s’amusait, et ça se sentait.

À aucun moment de la course l'a-t-on vu hésitant ou timide au volant.

Les mots de l’ancien pilote F1 Franck Montagny au micro de Radio-Canada me reviennent en mémoire.

« On n’a rien vu de Lance, pas d’agressivité, pas de progression, il roule. Il n’y a eu pas eu ce déclic encore », m'a-t-il dit vendredi, après les essais libres.

Franck Montagny n’avait pas tort. Il manquait à Lance Stroll l’occasion de montrer ce dont il était capable.

Le déclic est arrivé. Et au meilleur moment. Sur le circuit Gilles-Villeneuve lors du Grand Prix du Canada.

« Les bénéfices pour Lance sont inestimables », a précisé le directeur technique de l’équipe, Paddy Lowe, après la course.

Le jeune homme a fait taire ainsi plusieurs sceptiques.

On savait déjà qu'il pouvait aller vite, on sait maintenant qu’il peut se battre en formule 1 et qu’il peut gagner des combats.

« Il a géré de façon admirable des situations très délicates », a précisé M. Lowe.

La bataille à trois pour la neuvième place, au 17e tour, entre Kevin Magnussen (Haas), Stroll et Nico Hülkenberg (Renault) a été magnifique à regarder.

Les journalistes de la salle de presse, qui applaudissaient ses faux pas depuis le début de saison, ont cette fois applaudi sa pugnacité.

Même chez Renault, qui se bat au classement des constructeurs avec Williams, on m’a chuchoté à l’oreille que Stroll avait très bien piloté...

Tout le monde disait que ce Grand Prix du Canada serait le plus grand défi de sa première saison en F1. Son père faisait partie du nombre.

« Je ne peux pas être plus heureux qu'il marque ses premiers points à Montréal », a dit Lawrence Stroll au micro de Radio-Canada.

Sa piètre performance en qualifications (17e) laissait présager le pire. Et c’est le meilleur qu’il a offert aux amateurs.

Dans les gradins du circuit Gilles-Villeneuve, les gens ne manifestaient pas beaucoup au passage de la Williams no 18 depuis le début du week-end.

Tout a changé en quelques tours de piste dimanche. Le public a été séduit. Je ne l’ai pas réalisé sur le coup.

Quand après la course, la patronne de l’équipe, Claire Williams, m’a dit que Lance Stroll venait de faire du « crowd surfing » devant les puits, je ne l’ai pas crue.

J’aurais dû…

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