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À Père-Marquette, l'éducation internationale pour tous?

Nul besoin d'avoir des notes élevées pour entrer au Programme d'éducation internationale de l'école secondaire publique Père-Marquette, à Montréal. Il suffit d'être motivé!

Un reportage de Michel Labrecque à Désautels le dimanche

L'an dernier, j'ai passé plusieurs semaines en immersion à Père-Marquette pour comprendre les multiples défis de l'école publique.

Je viens d'y retourner pour voir comment cette école a réussi à transformer son image à l'aide d'un Programme d'éducation internationale (PEI), qui se veut accessible au plus grand nombre.

Le tiers des élèves au PEI

Tout a commencé timidement il y a quatre ans, avec une seule classe de PEI. L'an prochain, seulement en 1re secondaire, il y en aura cinq. Le programme a changé la couleur de l'école et a convaincu beaucoup de nouvelles familles de l'arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie de choisir Père-Marquette.

Choisir ceux qui veulent changer le monde


L'enseignante Julie Gagnon a contribué à la conception du PEI à Père-Marquette. Selon elle, il faut d'abord et avant tout choisir des jeunes qui ont envie de changer le monde.

« Changer le monde, ça ne veut pas dire changer la planète. Ça peut être faire des changements dans ton école, dans ton quartier, dans ta ville. C'est ça le coeur du projet. »

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Michel Clark, conseiller pédagogique et un des concepteurs du programme, explique qu'au départ, le PEI « s'est développé dans le contexte de la concurrence avec le secteur privé ». C'est pour cela que les programmes internationaux étaient sélectifs. « Cela n'est pas l'esprit original du programme », note Julie Gagnon.

Donc à Père-Marquette, c'est avec une entrevue de motivation qu'on choisit les élèves. D'autres écoles montréalaises font maintenant la même chose.

Reste que le PEI est quand même plus exigeant pour les élèves. Les enseignants ont développé de multiples projets interdisciplinaires, qui sont exclusifs à l'international. Il y a aussi les projets d'engagement communautaire, qui sont la marque de commerce du PEI.

« Ça nous force à nous remettre en question », explique Marie Paulin, enseignante de français en 2e secondaire. Et bien qu'il n'y ait pas de sélection sur notes, elle reconnaît que les étudiants sont souvent plus motivés qu'au « régulier » et que les parents s'impliquent beaucoup dans le programme.

« C'est un peu un monde à part », témoigne Charlotte, élève du PEI en 3e secondaire. Éléonore, aussi en 3e secondaire, aime beaucoup le programme.

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Le PEI, un laboratoire

Après quatre ans, le programme est toujours en construction. Il y en a un en 4e secondaire pour la première fois cette année, et il n'y en a pas encore en 5e secondaire.

Et des questions importantes sont toujours débattues au sein de la direction et du corps enseignant. On se rend compte, notamment, que certains élèves ne peuvent pas suivre le rythme. Donc, malgré son côté inclusif, il peut arriver qu'un élève soit exclu du programme.

L'explosion du PEI peut-elle avoir des effets pervers? Monopolise-t-il les meilleurs profs, au détriment des autres élèves?

« On veut que le programme ne dépasse pas 40 % de l'école. On croit à l'hétérogénéité de l'école publique », explique le directeur, Martin Lewis. Il espère surtout que le PEI ait des retombées positives sur toute l'école.

Une histoire à suivre donc, à Père-Marquette et dans plusieurs autres écoles.

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