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Abandon des dernières accusations contre Salvatore Cazzetta, membre des Hells Angels

Le procès pour recel de Salvatore Cazzetta, qui devait débuter mercredi au palais de justice de Montréal, n'aura pas lieu. Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a confirmé en matinée avoir déposé un nolle prosequi, une forme d'arrêt des procédures. L'accusé a ainsi été acquitté de trois chefs d'accusation de bris de conditions qui avaient également été portés contre lui.

« Il aurait préféré nettement avoir un verdict de non-culpabilité, ce qu'on attendait dans le dossier, compte tenu de la preuve qui était en possession de toutes les parties », a indiqué son avocate Mylène Lareau à la sortie de la salle d'audience. « Alors, c'est une victoire, mais douce et amère. »

Le motard de 62 ans, qui bénéficiait déjà d'une liberté provisoire, en a donc fini avec la justice, puisqu'il n'y a plus aucune cause pendante dans son dossier.

Il avait été libéré cet été, la défense ayant fait valoir qu'après 20 mois de détention, il avait déjà purgé plus que la peine maximale qu'il pourrait recevoir pour recel.

Le DPCP a cependant demandé en août dernier à la Cour d'appel de l'entendre concernant une décision de la Cour supérieure du Québec qui, cet été, a accepté une requête des avocats de la défense, qui souhaitaient que le chef de gangstérisme déposé contre leur client soit abandonné, invoquant les déclarations du témoin-clé de la Couronne qui le disculpent.

Aucune demande d'appel n'a toutefois été déposée concernant l'abandon d'un troisième chef de complot, qui avait a été retirée dans les mois ayant suivi l'arrestation de l'accusé, en 2015.

M. Cazzetta avait été arrêté dans le cadre de l'opération Magot-Mastiff en même temps que plusieurs autres présumées têtes dirigeantes du crime organisé montréalais.

L'arrêt des procédures décrété mercredi survient après le dépôt par les avocats de Salvatore Cazzetta d'une demande de divulgation de la preuve visant un autre volet de l'enquête, que les policiers n'auront donc pas à dévoiler. Reste à voir si les autres accusés dans cette opération déposeront le même type de requête.

Un habitué des tribunaux

C'est la troisième fois que cet influent membre des Hells Angels – parfois présenté comme le chef du gang de motards – est remis en liberté depuis 2011.

Arrêté dans le cadre du projet SharQc, en 2009, M. Cazzetta a été libéré deux ans plus tard en compagnie de 30 autres accusés par la Cour supérieure, qui a évoqué délais déraisonnables.

Puis, en octobre 2016, il a bénéficié d’un autre arrêt des procédures pour des raisons similaires dans l'enquête Machine, qui avait mené en 2009 au démantèlement d'un réseau de contrebande de tabac actif dans la réserve de Kahnawake.

Salvatore Cazzetta est entre autres reconnu pour avoir fondé les Devils Ghosts, le club-école élite des Hells Angels, qui célèbrent ces jours-ci leurs 40 ans d'implantation au Québec.

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