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Accueil des réfugiés syriens : Montréal et Québec mettent en garde contre la précipitation

Les maires des deux plus grandes villes du Québec mettent en garde Ottawa contre l'accueil précipité des 25 000 réfugiés syriens qu'il a promis d'accepter lors de la campagne électorale - dont 5700 au Québec. Si le maire de Montréal, Denis Coderre, ouvre la porte à un report de l'échéancier du 31 décembre qui a été fixé, son homologue de Québec, Régis Labeaume, est plus tranchant, réclamant carrément une pause.

« Il ne faut pas faire l'économie d'un processus serré de vérifications sur tous les aspects de la sécurité », a averti le maire Labeaume lors d'un point de presse, lundi après-midi, évoquant les attentats de Paris de la semaine dernière.

« La population est très, très inquiète, je pourrais même dire qu'une peur est en train de s'installer », a affirmé le maire de Québec, où a été lancée une pétition pour la suspension du processus d'accueil.

« Il faut absolument viser l'acceptabilité de la population et surtout respecter les opinions de tout le monde - tant que ce n'est pas du racisme », a-t-il soutenu.

Précipiter les choses ne fera pas « réussir l'opération, bien au contraire », a-t-il soutenu.

Ottawa doit consulter les villes, affirme Coderre

« Je ne demande pas de pause, mais je comprends pourquoi on réagit de cette façon-là », a de son côté indiqué le maire de Montréal au cours d'une conférence de presse donnée presque au même moment.

Il faut se montrer ouvert aux réfugiés syriens et « on doit les protéger parce que ce sont des victimes », a-t-il soutenu, rappelant que les réfugiés étaient des « victimes avant tout, des hommes et des femmes qui ont tout perdu, des orphelins » qui ont vécu la guerre et le terrorisme.

Lui aussi a cependant prévenu contre l'improvisation qui pourrait entourer leur accueil.

« Je ne mise pas [sur leur arrivée d'ici Noel, je mise sur l'objectif du 25 000 », a-t-il ajouté, estimant qu'il serait acceptable qu'il s'échelonne jusqu'en mars.

Il demande avant tout de voir le plan du ministre fédéral de l'Immigration, John McCallum. Soulignant que les villes seront les premières à assumer les coûts sociaux, il réclame qu'elles soient consultées.

La réalité, a-t-il relevé, c'est que les réfugiés aboutiront essentiellement dans les trois métropoles du pays : Montréal, Toronto et Vancouver.

Au-delà de la question de la sécurité, il faut s'assurer d'être prêts à les accueillir en tenant compte de facteurs comme le transport, le logement, l'éducation et le travail. Sans oublier, a-t-il dit, qu'ils auront subi un « traumatisme épouvantable », et auront donc besoin d'une aide psychologique, et qu'ils vivront aussi un choc culturel.

Aucun compromis sur la sécurité, assurent Québec et Ottawa

Depuis Antalya, en Turquie, où il participe au sommet du G20, le premier ministre canadien, Justin Trudeau, a indiqué que son gouvernement maintenait son engagement d'accueillir 25 000 réfugiés d'ici la fin de l'année, mais il a affirmé que la sécurité restait prioritaire.

Faisant écho aux propos de son chef, la ministre fédérale de la Santé, Jane Philpott, a assuré qu'Ottawa traitait la question sécuritaire avec « le plus grand sérieux ». Elle a dit espérer que le gouvernement fédéral serait en mesure de dévoiler les modalités de l'accueil des réfugiés d'ici la fin de la semaine.

La ministre québécoise de l'Immigration, Kathleen Weil, estime quant à elle qu'il est irréaliste d'accueillir d'ici la fin de l'année les quelque 5700 réfugiés syriens attendus au Québec. Trois jours après les attentats de Paris, elle a reconnu que les Québécois entretiennent des « inquiétudes légitimes », mais elle a affirmé que le Québec adopterait un rythme d'accueil « compatible avec les impératifs de sécurité ».

Le Parti québécois a par ailleurs obtenu la tenue d'un débat d'urgence à l'Assemblée nationale sur cet enjeu. Les parlementaires en débattront mardi après-midi.

Il n'y a pas qu'au Québec que l'accueil des réfugiés syriens a monopolisé l'attention. À l'instar du maire de Québec, le maire de Toronto, John Tory, a appelé le gouvernement Trudeau à ralentir son plan d'accueil. La sécurité doit être la priorité, pas les « promesses politiques », a-t-il lancé.

Le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall, a lui aussi demandé une pause dans le processus. Il espère voir un renforcement des mesures de sécurité et de sélection des réfugiés.

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