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Acquittés d'accusations de terrorisme, Djermane et Jamali sont embauchés pour lutter contre la radicalisation

Un mois après avoir été acquittés d’accusations de terrorisme, les Montréalais Sabrine Djermane et El Mahdi Jamali deviennent consultants au Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence (CRMV).

Le directeur général du centre, Herman Deparice-Okomba, a confirmé cette information de La Presse.

Au cours des trois prochains mois, les deux anciens étudiants du Collège de Maisonneuve développeront, à raison de trois jours par semaine, des outils de prise en charge des personnes arrêtées ou condamnées. Ils recevront un montant forfaitaire de 294 $ hebdomadairement pour couvrir leurs frais et leurs déplacements.

Le Centre a suivi le jeune couple pendant ses deux ans et demi de détention. Il a proposé un plan de réinsertion qui tenait compte de l'éventualité qu’ils soient condamnés ou qu'ils soient relâchés, a indiqué M. Herman Deparice-Okomba à l’antenne de RDI.

« Nous recevons beaucoup d’appels, beaucoup de demandes de personnel en milieu carcéral. Vous et moi n’avons pas le vécu de ces jeunes-là », a-t-il expliqué.

Les deux jeunes font également l’objet d’une prise en charge psychosociale par des professionnels du centre ainsi que par un psychologue externe, a-t-il souligné.

Mme Djermane et M. Jamali ont d'abord refusé l’offre du centre, qui a dû insister pour qu’ils acceptent, a précisé M. Deparice-Okomba.

Sont-ils complètement déradicalisés? « Nos psychologues à l’externe s’occupent de ce volet, a-t-il répondu. Mais quand on est rendus à s’appuyer sur leur expertise [aux deux jeunes], c’est qu’on voit une nette progression. »

Les deux jeunes ont été acquittés en décembre de tous les chefs d'accusation en lien avec le terrorisme, mais M. Jamali avait été reconnu coupable d'un chef réduit de possession d'une substance explosive sans excuse légitime.

La Couronne porte d’ailleurs en appel l'acquittement de Sabrine Djermane sur ce même chef d’accusation.

Mme Djermane et M. Jamali ne sont pas les seuls à bénéficier d’un tel plan de réinsertion. Maxime Fiset, ancien militant d'extrême droite et fondateur de la Fédération des Québécois de souche, travaille pour le CRMV depuis octobre 2016.

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