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Aéroports de Montréal veut céder une grande partie de ses terrains à Mirabel

Aéroports de Montréal (ADM) est prêt à céder à la Ville de Mirabel quelque 3 kilomètres carrés de terrains qu'il gère encore autour de l'ancien aéroport international, des terrains qu'il ne compte pas développer et dont la municipalité a, elle, grandement besoin pour assurer son développement industriel.

Un texte de Vincent Champagne

« Nous avons trop de terrains », a reconnu Philippe Rainville, PDG d’ADM, en marge d’un déjeuner avec la communauté d’affaires des Basses-Laurentides lundi matin.

« Ce qu’on pourrait faire, ce serait de les sous-louer, mais ce serait plus simple de prendre les terrains que nous avons en trop, que nous ne sous-louerons jamais, et de faire en sorte que le gouvernement du Canada s’engage à les rétrocéder à la Ville de Mirabel », a-t-il fait valoir.

« Ces terrains-là, la ville de Mirabel en a besoin, et ils sont là, et ils ne sont pas développés, et nous, on n’en a pas besoin », a insisté le dirigeant d’ADM, qui gère le site, ainsi que celui de l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau à Dorval.

ADM est locataire-gestionnaire des deux sites, en vertu d’un bail avec Transport Canada, qui se termine en 2072.

Mirabel et ADM plaideront d'une seule voix auprès du fédéral

Après des décennies d’une relation « difficile », le maire de Mirabel, Jean Bouchard, était fier d’annoncer une « grande première », soit le partenariat entre sa ville et ADM, afin d’aller conjointement demander au gouvernement canadien de se départir de ces terrains.

Car c’est le fédéral qui prendra la décision finale : les terrains lui appartiennent depuis l’expropriation de 1969.

Selon M. Bouchard, des discussions ont déjà eu lieu avec Transport Canada, qui attend une proposition de la part de la Ville et d’ADM.

« Nous avons pris connaissance de la proposition du maire de Mirabel et nous l’examinerons soigneusement quand une demande nous sera acheminée », a indiqué le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, dans un courriel transmis à Radio-Canada.

Les terrains qui seront cédés à la Ville sont ceux situés le plus à l’ouest de l’aéroport, une superficie en friche, ainsi que ceux qui bordent l’autoroute 50.

ADM souhaite conserver les terrains proches des pistes afin de poursuivre son développement dans son champ d’expertise, soit l’aéronautique.

Comme d’autres villes de la couronne nord de Montréal, Mirabel connaît une croissance démographique et économique fulgurante. D’ici 2036, elle devrait connaître la croissance la plus élevée de la province, indique le maire Jean Bouchard.

Le coût de la transaction inconnu

Pour le moment, aucune somme n’est avancée quant au coût d’une telle acquisition de la part de la Ville.

M. Bouchard estime toutefois qu’il serait approprié pour la Ville de piger dans ses surplus, actuellement de l’ordre de 22 millions de dollars, voire d’emprunter, vu la valeur du terrain et les retombées de son développement futur.

De 1975 à 2004, l’aérogare a vu le transit de millions de passagers, jusqu’à sa fermeture et sa démolition à partir de 2014.

Depuis, la reconversion du site en pôle industriel voué à l’aéronautique va bon train. Près d’une quarantaine d’entreprises y ont créé 4500 emplois de qualité au cours des dernières années.

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