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Agression sexuelle : comment un garçon de 12 ans peut surmonter le traumatisme

La vie de Xavier a basculé le jour où, alors qu'il n'a que 12 ans, ses parents acceptent d'héberger un cousin plus vieux, avec qui il doit partager sa chambre. Celui-ci profite de la situation pour l'agresser sexuellement à plusieurs reprises.

D'après un reportage de Vincent Maisonneuve et de Charles Ménard

Une équipe de Radio-Canada a rencontré Xavier* et sa mère, Geneviève*, au moment où ils amorçaient une thérapie au Centre d'expertise Marie-Vincent, qui vient en aide aux jeunes victimes d'agression sexuelle et à leurs proches.

« Mon cousin m'a obligé à faire des choses que je n'aimais pas vraiment », raconte Xavier. Les agressions se répètent pendant des semaines, mais il préfère garder le silence. « J'étais gêné et j'avais peur de la réaction de mes parents. »

Xavier avait peur que sa mère ne le croie pas. Un jour, il n'en peut plus et il dit tout à sa mère.

« Il me dit qu'est-ce qui se passait et qu'il était tanné de faire ces gestes à caractères sexuels. Je ne savais plus comment réagir. J'avais l'agresseur et la victime sous mon toit, qui étaient deux membres de ma famille », explique Geneviève, rongée par les remords et le sentiment de culpabilité.

Il n'y aura pas de procès. Le cousin, qui est mineur, plaide coupable devant le tribunal de la jeunesse.

« J'ai dû mettre toute ma famille de côté, car une partie de ma famille nous croit et une partie de ma famille ne nous croit pas. Même [si le cousin de mon fils] a plaidé coupable, qu'il a tout avoué, il y a des gens qui ne veulent pas voir ça », indique Geneviève.

Xavier a beau avoir mis fin aux agressions en dénonçant son cousin, son moral continue de se détériorer. « À l'école, j'étais plus dans mon coin, puis j'étais de moins en moins avec mes amis. J'avais peur qu'ils rient de moi. Quand on se fait agresser sexuellement, ce n'est pas le fun et les autres ne comprennent pas ce que ça fait. »

Xavier a tenté de mettre fin à ses jours. « Ç'a pris cinq polices pour m'arrêter. J'ai été à l'hôpital psychiatrique. »

Pour surmonter le traumatisme, Xavier et sa mère ont obtenu l'aide des intervenants du Centre d'expertise Marie-Vincent. « Les enfants vivent des réactions de peur, d'isolement, le sentiment d'être différents », souligne Annie Fournier, chef des services cliniques au centre.

« Les parents, on vit un enfer épouvantable. Moi, si je n'étais pas venue ici, je ne sais pas ce que je lui aurais fait, à l'agresseur. Je ne sais pas si je serais capable de discuter avec mon garçon comme ça. Je serais peut-être même morte », raconte Geneviève.

Depuis l'automne, Geneviève accompagne son fils chaque semaine pour une thérapie. « Souvent, on explique aux enfants qu'ils sont arrivés ici avec un sac à dos très lourd, plein de roches, et notre travail, c'est de les aider à enlever ces grosses roches lourdes de leur sac », mentionne Annie Fournier.

Après 18 semaines, les visites au Centre Marie-Vincent sont maintenant terminées pour Xavier et sa mère. Mais l'aide leur sera toujours disponible. Si Xavier et sa mère, Geneviève, ont décidé de raconter leur histoire, c'est pour dire aux victimes qu'elles ne sont pas seules et qu'il ne faut pas avoir peur de dénoncer l'agresseur.

*Noms fictifs

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