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Agriculture urbaine : 40 ans de légumes cultivés à Montréal

Montréal soulignait samedi les 40 ans d'existence de son programme de jardins communautaires. Depuis 1975, la ville permet à des citoyens de cultiver des petites parcelles de terre. Aujourd'hui, ce sont plus de 7000 jardiniers qui se partagent 97 espaces désignés.

Un texte de Pasquale Harrison-Julien

La palme du plus ancien jardin revient à l'arrondissement LaSalle, qui possède un jardin communautaire depuis 1936. Mais ce n'est qu'au milieu des années 70 que des citoyens interpellent la Ville pour qu'un programme en bonne et due forme soit mis sur pied.

La demande vient après la vague d'incendies qui ont touché plusieurs quartiers montréalais pendant la grève des sapeurs-pompiers de 1974. Des femmes du quartier Centre-Sud souhaitent avoir le droit de planter des légumes et de les cultiver. Pour avoir des légumes frais, mais surtout pour faire revivre le quartier.

Le directeur du Jardin botanique l'époque, qui deviendra beaucoup plus tard maire de Montréal, vient leur donner un coup de main.

« Ce qui m'avait le plus marqué, c'est la résilience des gens, se rappelle Pierre Bourque. Ils avaient tout perdu. En compensation, leur donner un jardin, ce n'était rien. Mais ils étaient fiers de ça. »

De petits un peu partout

Un premier jardin communautaire a vu le jour, suivi de deux autres très rapidement. Il y a aujourd'hui 97 jardins, tous répartis dans 18 arrondissements.

Les gens interrogés samedi matin vantaient évidemment les mérites de faire pousser ses propres légumes ou encore ses fleurs. Mais tous parlaient aussi de ce souci de fréquenter les jardins pour échanger avec les membres de leur communauté.

Si dans le passé certains épisodes de terre contaminée - dans les années 2000 notamment - ont mis des bâtons dans les roues du programme, sa popularité ne semble pas en souffrir.

« D'une part, ils sont cultivés hors terre, donc pas de problème de contamination. Il y a la pollution, mais on les lave. C'est peut-être le plus sain que je peux obtenir à part la ferme et le panier bio », estime Pierre Leblanc, jardinier depuis six ans.

Même après 40 ans, il est difficile d'obtenir sa place dans l'un des jardins communautaire sans passer d'abord par une longue liste d'attente.

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