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Ahmad Nehme : « Ce vaurien a trahi Catherine », affirme la mère de la victime

Les proches de Catherine de Boucherville ont livré un vibrant plaidoyer contre la violence conjugale au palais de justice de Montréal vendredi, après quoi Ahmad Nehme a été formellement condamné à l'emprisonnement à vie pour le meurtre prémédité de sa femme.

Un texte de Geneviève Garon

« On ne doit jamais lui permettre d'oublier sa lâcheté », a déclaré la mère de Catherine de Boucherville au sujet d'Ahmad Nehme, qu'elle dit avoir accueilli à bras ouverts comme gendre il y a une vingtaine d'années.

Selon Pauline Gadbois, Nehme a trahi toute la famille en isolant sa nouvelle épouse, puis en l'assassinant de 14 coups de couteau le 5 juillet 2012. « Il lui a enlevé la vie avec cruauté », a affirmé Mme Gadbois. « Ce vaurien a trahi Catherine ».

En tout, sept proches de Catherine de Boucherville ont rendu compte à la cour des conséquences dévastatrices du drame sur leur vie.

Dimanche, un jury avait reconnu Ahmad Nehme coupable du meurtre prémédité de Catherine de Boucherville, dans leur appartement de LaSalle. La peine prononcée vendredi était automatique : l'homme de 53 ans a écopé de l'emprisonnement à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans.

Lutter contre la violence

« Il est intolérable que la violence familiale continue de nos jours. Il faut encourager les victimes à se sauver de leurs bourreaux et à contacter des ressources d'aide », a écrit le frère de la victime dans une lettre adressée au tribunal.

« Les gouvernements ont toujours les moyens de trouver les sommes considérables quand il s'agit de guerre, de pétrole ou de lumières sur un pont. Ne serait-il pas temps d'allouer plus de ressources pour protéger notre plus grande richesse, soit nos femmes et nos enfants? », demande Pierre de Boucherville, qui refuse de pardonner au meurtrier de sa soeur.

Paule de Boucherville raconte avoir sombré dans la dépression quelques années après le meurtre de sa soeur, épuisée après avoir multiplié les déplacements entre le Nouveau-Brunswick et Montréal pour soutenir ses proches. Elle dit avoir mis sa carrière en veilleuse et négligé sa propre famille.

Son père est décédé « le coeur brisé » quelques mois après le meurtre de sa fille, a-t-elle relaté au tribunal.

La soeur de la victime soutient que les événements l'ont amenée à s'informer au sujet de la charia qui, selon elle, fait partie « des phénomènes de l'islam bien réels, mais dangereusement minimisés au Québec, tout comme le crime d'honneur ».

La famille va s'opposer à une libération conditionnelle

« Je serai là pour faire entendre les cris de terreur et de détresse de Catherine », assure Charlotte de Boucherville, qui promet de tout faire pour éviter que l'assassin de sa grande soeur n'obtienne un jour une libération conditionnelle. « Je rappellerai aux intervenants comment elle est morte seule, dans la peur, sans aucune compassion. Aux mains de celui à qui elle a tout donné », dit-elle.

C'est en pleurs que Dania Nehme, la fille de l'accusé et de la victime, a lu une lettre en son nom et en celui de son petit frère autiste. Leurs vies seront bouleversées à jamais, a-t-elle raconté, ajoutant qu'ils avaient perdu une partie de leur « raison de vivre ». La jeune femme de 22 ans a fait sa déclaration par visioconférence, pour éviter de croiser le regard de son père.

À la sortie de la salle d'audience, elle a exprimé le souhait de poursuivre ses études universitaires et de prendre soin de son frère. « On se parle presque chaque jour, donc on est quand même assez proches. Je vais continuer de prendre soin de lui, a-t-elle assuré. Mon but dans la vie, c'est de trouver le bonheur, c'est mon but ultime. » Elle a assuré se sentir plus en sécurité maintenant que son père est derrière les barreaux pour de nombreuses années.

Ahmad Nehme imperturbable

Devant les pleurs de ses proches, Ahmad Nehme est demeuré impassible dans le box des accusés. Il n'a fait aucune déclaration.

Son avocat, Giuseppe Battista, a rappelé au tribunal qu'on lui avait diagnostiqué une dépression majeure et des épisodes psychotiques. Il a demandé au juge Jean-François Buffoni d'émettre une recommandation afin que le détenu reçoive des soins psychiatriques derrière les barreaux.

Ahmad Nehme avait présenté une défense de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux, qui a été écartée par les jurés. Selon la preuve présentée par le procureur aux poursuites criminelles et pénales, Éric Côté, Ahmad Nehme était un mari contrôlant qui harcelait sa femme et n'acceptait pas leur rupture.

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