Retour

Ahuntsic-Cartierville se donne une stratégie pour accroître son parc de logements sociaux

Le conseil d'arrondissement d'Ahuntsic-Cartierville compte se doter d'outils réglementaires pour augmenter le nombre de logements sociaux et abordables sur son territoire

La mairesse Émilie Thuillier estime que plus d’un millier de ces logements doivent être construits dans l’arrondissement.

Lors de sa séance de lundi, le conseil adoptera à cette fin une stratégie locale d’inclusion de logements sociaux et abordables. Les promoteurs de projets résidentiels qui nécessitent des dérogations aux règlements de zonage (usage, densité, hauteur, par exemple) devront fournir une contribution pour des logements sociaux, communautaires ou abordables.

La Ville de Montréal dispose d’une stratégie d’inclusion de logements abordables depuis 2005. Mais celle que va adopter Ahuntsic-Cartierville va plus loin : elle s’applique à tous les projets de cinq logements ou plus, alors que celle de la Ville de Montréal vise ceux de 100 logements ou plus.

Les promoteurs de ces projets devront construire des logements sociaux, communautaires ou abordables sur le site, ou encore fournir une contribution financière pour que les logements soient construits ailleurs.

Le calcul du nombre de logements et de la contribution financière sera basé sur la totalité du projet et non seulement sur la partie pour laquelle le promoteur demande une dérogation.

Il est difficile de savoir combien de logements abordables pourront être construits grâce à cette stratégie, admet la mairesse Thuillier.

« On sait que ça va donner plus de logements sociaux et abordables dans l’arrondissement, et ça va aussi donner plus de contributions financières pour appuyer des projets de logement social et communautaire et pour acheter des terrains », indique-t-elle.

L’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville dispose actuellement d'une somme de 654 000 $ pour du logement social ou abordable, qui provient de la stratégie de la Ville de Montréal.

Des besoins importants

Les besoins en logement social vont bien au-delà de ce que permet une telle stratégie, souligne Céline Magontier, responsable des dossiers montréalais au Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU).

À Montréal, plus de 24 000 ménages sont en attente d’un logement social.

« Il faut vraiment que la ville mette en réserve des terrains, des sites pour y construire du logement social […] tel que le terrain Louvain qui est revendiqué par le comité logement depuis vraiment des années », dit Céline Magontier.

Le terrain Louvain appartient à la Ville de Montréal. C’est l’un des seuls du territoire à être disponible pour le développement dans le nord de la ville, selon le comité Solidarité Ahuntsic.

La mairesse Valérie Plante avait promis en campagne électorale la construction de 12 000 logements sociaux lors de son premier mandat.

Avec des informations de Marc Verreault

Plus d'articles