Retour

Akwesasne : la famille d’un homme porté disparu presse la police d'ouvrir une enquête

Des rumeurs d'actes criminels ont circulé, mais la famille de Kenny Leaf, un Autochtone porté disparu depuis la mi-janvier, n'a ni reçu d'appel ni obtenu de suivi de la police mohawk de la communauté d'Akwesasne. La semaine dernière, les membres de sa famille ont marché jusqu'au poste de police pour obtenir des réponses à leurs questions.

Les femmes ont ouvert la marche vendredi soir en scandant « ramenez-nous Kenny Leaf », selon une vidéo diffusée sur Facebook.

Kenny Leaf, un homme de 50 ans et père de six enfants, est disparu autour du 13 janvier dernier selon sa famille, qui a reçu des informations contradictoires au sujet de ses derniers déplacements. « Nous ne savons plus quoi faire », a dit Kandy Pierce, fille du disparu.

Kenny Leaf est le deuxième homme de la communauté mohawk à avoir disparu cet hiver. Le territoire d’Akwesasne chevauche la frontière entre l'Ontario et le Québec, et la frontière séparant le Canada des États-Unis.

La police d’Akwesasne a découvert le corps de Donald Johnson, 31 ans, la semaine dernière, dans un marais de la portion québécoise de la communauté. M. Johnson était porté disparu depuis le 10 février.

La police a dit qu'aucun acte criminel n'était suspecté et que cette affaire n’était pas liée à la disparition de Kenny Leaf.

Des rumeurs se répandent

Des rumeurs sur les raisons qui expliqueraient la disparition de Kenny Leaf se sont propagées sur tout le territoire d’Akwesasne jusqu’à la communauté d’Onondaga, dans l’État de New York, et aux Six Nations, en Ontario, a indiqué sa famille. Il existe des liens familiaux très forts entre les trois communautés.

« Ce n’est pas un secret quels noms ont été mentionnés par les gens. Il y a eu quelques noms qui ont été cités dans 90 % des rumeurs », a dit Jennifer Leaf, la belle-sœur du disparu.

La porte-parole de la police mohawk d’Akwesasne, Lee-Ann O'Brien, a déclaré que l’enquête concernant la disparition de Kenny Leaf est toujours traitée comme un dossier de personne portée disparue. Elle a affirmé que cette enquête est une des « plus grandes priorités ».

Le chef de police et l’enquêteur principal au dossier se sont adressés aux membres de la famille du disparu samedi dernier, a par ailleurs dit la porte-parole de la police.

Plusieurs corps policiers impliqués

Elle a en outre indiqué qu’un hélicoptère de la Police provinciale de l’Ontario (OPP) doit être utilisé au cours de cette semaine pour arpenter le fleuve Saint-Laurent, les champs et les marais.

Son corps policier travaille en collaboration avec la Sûreté du Québec, dit-elle, de même qu'avec la police de la communauté de Saint-Regis et le bureau du procureur du comté de Franklin dans l’État de New York, du côté américain.

« Nous retenons toutes les pistes, tous les tuyaux et nous vérifions tous les détails avec soin », dit-elle.

Le nombre de corps policiers impliqués dans cette affaire illustre l'enchevêtrement de compétences qui émerge dans des dossiers qui touchent le territoire d’Akwesasne.

La famille du disparu a exprimé sa frustration à propos des obstacles juridictionnels lors de sa sortie, vendredi dernier.

Le cœur brisé

Père de six enfants, dont un bébé de trois mois et un garçon d’un an, Kenny Leaf avait aussi dix petits-enfants.

« Il aimait la route des pow-wow, il aimait faire des choses amusantes. C’est un homme qui a gardé son cœur d’enfant. Il ne voulait pas vieillir », a confié sa fille Kandy Pierce, qui se dit « épuisée » et « vidée ».

La famille de Kenny Leaf doit aussi composer avec la disparition d’un autre membre de la famille, Timothy Benedict-Leaf, un jeune homme de 19 ans qui aurait été vu pour la dernière fois le 1er février 2013.

Plus d'articles

Vidéo du jour


Une mère et son fils offrent une danse inoubliable





Rabais de la semaine