BILLET - Il n'y a pas que sur la glace qu'on peut avoir la tête baissée, ça peut arriver aussi à l'extérieur!

Un joueur qui regarde ses pieds peut manquer une occasion de recevoir une passe ou faire un mauvais choix de jeu. Mais le pire scénario, c’est recevoir la mise en échec qui risque de le mettre au rancart pour une période indéterminée avec une commotion cérébrale.

Alex Barré-Boulet a récemment signé un contrat avec le Lightning de Tampa Bay. Et le Canadien de Montréal a subi cette fameuse collision au centre de la glace, les deux yeux bien plantés sur la patinoire. Malheureusement, il devra en subir les conséquences.

Je ne crois pas que Barré-Boulet aurait été un atout pour la Sainte-Flanelle l’an prochain, mais il en a assez fait dans les rangs juniors avec les Voltigeurs de Drummondville et l’Armada de Blainville-Boisbriand pour être considéré à porter le maillot bleu blanc et rouge à moyen terme.

Il est vrai que le diminutif jeune homme (1,75 m et 76 kg, ou 5 pi 9 po et 167 livres) n’est pas une fusée sur la glace comme un Martin St-Louis ou bien un Anthony Beauvilier, mais il a développé le sixième sens qu’un joueur de petite taille doit avoir pour survivre dans la LNH.

Il voit très bien le jeu, il est un passeur hors pair et a l’atout tant convoité dans la LNH : il marque des buts. Ses 50 filets en 58 matchs, à l’heure d’écrire ces lignes, le prouvent sans l’ombre d’un doute.

Il serait faux de croire que Barré-Boulet aurait répliqué cette fiche dans la LNH, mais pour le Canadien, quand un tel joueur est dans sa propre cour, l’organisation n’a pas d’autre choix que d’être clairvoyante et tenter l’expérience.

Au plus, si le joueur ne se rend pas à la grande équipe, il n’aura coûté qu’un boni à la signature et trois ans dans la LAH. Dans le cas présent, on parle d’un maigre 437 776 $ (tout étant relatif à la LNH), soit spécifiquement 72 222 $ pour la première année et 77 777 $ par année pour les deux dernières saisons en bonis et 70 000 $ en salaire dans la LAH, selon le site Capfriendly.com.

Ceci étant dit, nous pourrions éviter ce genre d’imbroglio si les joueurs de la Ligue canadienne de hockey (LCH) jouaient avec les mêmes règles que les joueurs collégiaux (NCAA) et les joueurs qui évoluent en Europe.

Les hockeyeurs de la LCH n’ont que deux ans pour faire leurs preuves et montrer qu’ils peuvent un jour jouer dans la LNH ou même la LAH. En Europe et dans la NCAA, ils en ont quatre.

Ceux qui sont le plus touchés par cette situation sont les petits joueurs, pour des raisons évidentes, et les très grands. Ceux qui ne sont pas rendus à maturité. Ils manquent de synchronisme. On les appelle Bambi car ils sont tout croche. Il leur faut du temps, chose qu’ils n’ont pas dans le règlement actuel, pour apprivoiser leur gabarit longiligne.

Alors, au repêchage estival de la LNH, après le 5e tour, les organisations préfèrent prendre des joueurs qui auront plus de temps pour se développer, ce qui améliorera leurs chances de succès. Pouvons-nous les blâmer?

Il est alors temps aux commissaires Gilles Courteau de la LHJMQ, Ron Robison de la Ligue de l’Ouest (WHL) et David Branch de la Ligue de hockey de l’Ontario (OHL) et président de la LCH d’aller au bâton pour l’équité en matière de développement et d’opportunités pour nos joueurs qui évoluent dans notre grande LCH.

Revenons à Barré-Boulet.

Pour avoir travaillé dans le domaine des négociations et au développement des joueurs juniors, plusieurs d’entre eux se sont retrouvés dans la même situation que Barré-Boulet.

Oubliés au repêchage lors de leur stage junior, ils ont dominé la LHJMQ à 20 ans, après leur fenêtre de repêchage. Ils doivent attendre les offres et décider pendant l’été la meilleure situation, tout en considérant l’offre monétaire, bien entendu.

Les représentants de Barré-Boulet se sont rapidement entendus avec le Lightning de Tampa Bay sans attendre. J’ai eu comme information que l’entente était réglée déjà depuis un bail et que le CH en décembre est arrivé trop peu trop tard. La signature « officielle » s’est faite le 1er mars pour commencer l’entente en 2018-2019.

Pourquoi Barré-Boulet n’a-t-il pas été patient?

Il est important de mentionner qu’Alex avait déjà participé aux camps d’entraînement des Kings de Los Angeles en 2016 et celui des Golden Knights de Vegas en 2017. Il n’a pas été retenu. On ne lui a même pas offert de contrat.

Alors, il est tout à fait normal que la panique s’installe et qu’il y ait eu remise en question sur ses habiletés. Le Lightning ayant vu un potentiel d’amélioration chez le garçon, ils ont fait une offre concrète de trois ans qui a été acceptée sur-le-champ.

Une entente à l’amiable pour signer le contrat le 1er mars a été acceptée par le clan Barré-Boulet. Vu les circonstances, j’aurais fait exactement la même chose.

En conclusion, considérant maintenant que le club école est à Laval, le CH devrait toujours être ultra agressif avec les joueurs de 20 ans qui dominent le tableau des pointeurs de la LHJMQ.

Qui sait, il pourrait y avoir des surprises à peu de coût. Et alors, si le joueur ne joue jamais un match dans la LNH?

En plus, le salaire alloué dans la LNH ne s’appliquera même pas à la masse salariale.

Le CH peut bien se le permettre, ils ont fait selon le Magazine Forbes l’an dernier... 92 millions de dollars avant les intérêts, taxes, dépréciations et amortissements.

C’mon, man!

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