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Allégations de profilage racial : le SPVM commente l’arrestation de Custio Clayton

À la suite de l'arrestation du boxeur professionnel Custio Clayton dans l'arrondissement de Mercier–Hochelega-Maisonneuve, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a donné sa version des faits sur l'intervention policière que le pugiliste de 29 ans a révélée en s'adressant à plusieurs médias.

Un reportage de Pascal Robidas

Le SPVM confirme avoir procédé à l'arrestation du conducteur d'un véhicule de type sport utilitaire, le 4 avril, vers 23 h 15. Au moment de l'interpellation, ce type de véhicule, selon le commandant du poste de quartier 48, dans le quartier Mercier, avait déjà été signalé dans une circulaire remise à tous les patrouilleurs de la Division Est. On recherchait le modèle parce qu'il était associé à des méfaits.

D'après le SPVM, c'est la raison pour laquelle le véhicule de Custio Clayton, membre de l'équipe canadienne de boxe aux Jeux olympiques de Londres en 2012, a été repéré par deux patrouilleurs qui circulaient en sens inverse.

Odeur de cannabis

Selon le témoignage du boxeur Custio Clayton, les agents du SPVM l'auraient confondu avec un trafiquant de drogue. C'est ce qui aurait motivé la police à faire la fouille complète de son véhicule.

« En s'adressant au conducteur du véhicule, nos policières ont perçu une odeur de cannabis. C'est la raison pour laquelle elles ont fouillé le véhicule. Après une inspection visuelle, aucun élément incriminant n'a été trouvé à l'intérieur », explique Martin Dea, commandant du poste de quartier 48 au SPVM.

Le pugiliste soutient qu'il rentrait d'un entraînement de boxe à Cornwall et qu'il était à cinq minutes de chez lui au moment d'être interpellé.

Vérifications en cours

Le commandant Dea aura bientôt une discussion avec ses deux patrouilleuses pour confronter leur version des faits avec celle de Custio Clayton, lors de sa remise en liberté.

« Les deux policières sont présentement sur un quart de nuit, mais j'entends les rencontrer dans les prochains jours pour vérifier ces allégations faites par le conducteur du véhicule intercepté », explique-t-il.

L'athlète a déclaré que l'une des deux policières aurait admis son erreur en s'excusant et en lui affirmant que son instinct ne l'avait jamais trompée en 20 ans de carrière. C'est cette déclaration qui confirme, selon Custio Clayton, qu'il a bel et bien été victime de profilage racial par le SPVM.

Désaccord avec la version de la police

Custio Clayton envisage maintenant de faire valoir ses droits, notamment en déposant une plainte à la Commission de déontologie policière. Sa décision sera prise au terme de son prochain combat, qui doit avoir lieu le 15 avril.

« La police vient de sortir leur version des faits, et nous sommes en total désaccord avec leur explication. En ce qui concerne l'odeur de cannabis, nous nions cette information. C'est une histoire montée de toutes pièces pour couvrir une autre bévue policière en matière de racisme », soutient pour sa part Douggy Berneche, l'agent de Custio Clayton.

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