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Amir Khadir écrit aux dirigeants du réseau de la santé pour leur demander de protéger les lanceurs d'alerte

EXCLUSIF - Les infirmières de Sainte-Justine qui ont dénoncé leur surcharge de travail et les risques pour les patients auraient dû pouvoir le faire sans se cacher, sans crainte de représailles, croit le député de Québec solidaire. 

Un texte de Thomas Gerbet

Dans une lettre adressée aux 22 directeurs des centres intégrés de santé et de services sociaux du Québec, obtenue par Radio-Canada, Amir Khadir les exhorte à respecter les lanceurs d'alerte.

Le député dénonce l'omerta qui règne dans les hôpitaux et dans l'ensemble du réseau. Il demande aux dirigeants des CISSS et des CIUSSS de « dissiper tout doute aux yeux du personnel » et les prie de rappeler aux employés « qu'ils et elles ont entière liberté de parole pour s'adresser au public lorsque la sécurité et la qualité des services rendus à nos patients sont sérieusement et systématiquement menacées ».

Amir Khadir affirme avoir été « alarmé » par le témoignage des infirmières de l'unité des naissances de Sainte-Justine, cette semaine. Étant également médecin spécialiste en microbiologie-infectiologie, il est allé à leur rencontre au lendemain du reportage de Radio-Canada.

« On les croit, et nous n'acceptons pas le mépris affiché par mon collègue ministre de la Santé », écrit-il. Gaétan Barrette avait minimisé la portée du témoignage des infirmières en affirmant qu'il s'agissait d'un « sous-groupe » et d'une « manoeuvre syndicale » pour propager un message négatif.

Ces derniers jours, des médecins ont également dénoncé les conséquences de compressions budgétaires imposées depuis plusieurs années dans le système de santé québécois.

Amir Khadir affirme avoir reçu d'autres témoignages dénonçant des incidents. Par exemple, il raconte avoir été contacté par l'infirmier d'un autre hôpital de Montréal : « Un patient est devenu bleu la semaine dernière, car les infirmières et préposés étaient trop débordés et personne n'était en mesure de se rendre au patient pour lui administrer de l'oxygène. [L'infirmier] préfère garder l'anonymat, par peur! », se désole le député. 

Le député de Mercier encourage les directeurs des établissements à faire eux-mêmes connaître au public les problèmes du réseau qui pourraient mettre en danger la sécurité et la qualité des soins. Il leur écrit que le devoir de loyauté du personnel de la santé doit aller à l'État et non pas au gouvernement.

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