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Appel d'offres à l'international : Hydro-Québec défend son choix

Hydro-Québec se défend de lancer un appel d'offres international pour répondre à ses besoins en matière de pylônes au détriment de fournisseurs québécois. La société d'État argue que les prix des compagnies étrangères sont considérablement moins élevés que ceux d'ici.

Dans les prochaines années, Hydro-Québec achètera deux fois plus d'acier servant aux pylônes qu'en moyenne pour réaliser des projets comme la ligne haute tension Chamouchouane-Bout-de-l'Île, entre le Saguenay et Montréal.

La décision récente d'Hydro-Québec de retenir les soumissions de sept nouveaux fournisseurs étrangers pour répondre à ces nouveaux besoins a provoqué la colère des entreprises du Québec.

Mécontentes de cette nouvelle concurrence, elles soutiennent que leurs prix sont ajustés à la réalité du marché.

Une analyse des prix à l'international a pourtant permis d'établir que la société d'État pourrait payer jusqu'à 40 % moins cher en faisant affaire avec des fournisseurs étrangers.

Les trois manufacturiers de pylônes québécois ont exprimé leur mécontentement face à cette nouvelle concurrence dans une lettre évoquant l'argent qu'ils ont investi dans la province pour répondre à la demande.

Leur décision de faire front commun préoccupe Hydro-Québec : « Nous, on s'étonne de cette pratique. On la questionne, ça nous met effectivement mal à l'aise », affirme Serge Arbergel, porte-parole d'Hydro-Québec.

Ses propos ont fait réagir le président de la compagnie Locweld, Michael Cyr : « Peut-être qu'ils vont poser des questions à savoir pourquoi vos prix sont si similaires quand vous cotez un job. Mais, on est à 100 kilomètres l'un à l'autre, on a le même bassin d'employés, on a les mêmes coûts d'acier, les mêmes [frais généraux] ».

Michael Cyr soutient que les ventes à Hydro-Québec ne représentent que 20 % du chiffre d'affaires de Locweld et que l'entreprise vend au même prix, un prix juste, dit-il, à tous ses clients, dont Hydro One, en Ontario.

Selon lui, si les concurrents étrangers réussissent à établir des prix moins élevés, c'est sans doute parce qu'ils bénéficient de subventions.

D'après le reportage de Caroline Arbour

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