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Apprentissage et expérience pour les centres du Canadien

Un simple coup d'œil à la ligne de joueurs de centre des Penguins confrontée à celle du Canadien, jeudi soir, donnait presque envie de faire un câlin à Claude Julien avant le match. Le défi était immense. Malgré la défaite, les jeunes pivots du CH s'en sont bien sortis.

Un texte d’Alexandre Gascon

Entendons-nous bien, personne ne les confondra avec des candidats au trophée Selke, surtout pas Julien qui a affirmé qu’il « n’a pas de (Patrice) Bergeron » dans son équipe, semblant s’ennuyer de ses vieux Bruins l’espace d’une fraction de seconde avant de se mordre la lèvre.

Difficile de lui en vouloir. Le troisième centre des Penguins, Derick Brassard, serait potentiellement le premier du Canadien s’il jouait à Montréal. Votre indulgence est bienvenue.

« Ils ont fait du mieux qu’ils pouvaient, a ajouté l’entraîneur. Ils devront apprendre à faire ce genre de choses. C’était une première pour Jacob De La Rose (d’affronter Sidney Crosby), il a bien relevé le défi. »

On parle donc de Jonathan Drouin et de Jacob De La Rose qui se sont mesurés respectivement à Evgeni Malkin, le joueur de l’heure dans la LNH, et à Crosby.

Drouin a connu sa deuxième soirée la plus efficace dans le cercle des mises au jeu, en remportant 11 sur 14 (79 %). Il faut dire qu’il s’agit là d’une faiblesse du grand Russe, peut-être la seule, qui affiche un taux de succès de 44,4 % cette saison.

Le Québécois, en compagnie de Brendan Gallagher et Paul Byron, n’a certes pas empêché le trio de produire, mais il a limité les dégâts.

Malkin a marqué d’un tir parfait en avantage numérique. Hornqvist a réussi deux filets lorsque Drouin était sur la glace : le premier dû à une mauvaise réaction de Byron Froese qui aurait dû sauter plus rapidement sur la glace, le second car il s’est trouvé désorienté dans son territoire tandis que ses rivaux bourdonnaient.

Il a compensé avec un échec-avant soutenu contre Kristopher Letang qui a mené au but de Nicolas Deslauriers et par une combativité de tous les instants, aspect qu’il a parfois négligé cette année.

« C’est un bon apprentissage pour nous. Plusieurs de nos jeunes joueurs qui ont pu compétitionner contre certains des meilleurs joueurs de la planète pour la première fois cette saison », a souligné Gallagher, qui accordait visiblement de l’importance à cette expérience pour cette soudaine très jeune équipe.

L’autre élément un brin encourageant pour le Tricolore en cette fin de saison, et il y a là un effort conscient pour en trouver, c’est la jeunesse.

L’équipe qui affrontait les Penguins, doubles champions en titre de la Coupe Stanley, avait une moyenne d’âge de 25,8 ans. En début de campagne, ç’aurait fait du CH la 5e équipe la plus jeune de la ligue.

Parmi ces espoirs, notons la prestation de Noah Juulsen qui a encore une fois joué près de 20 minutes (19 :02) à son 12e match dans le circuit Bettman.

Juulsen, quoique protégé par son entraîneur dans ses confrontations, affiche l’aplomb d’un vétéran par moments. Calme en possession de la rondelle, il n’hésite pas à patiner avec celle-ci, à prendre une demi-seconde de plus pour trouver une ligne de passe et à donner de solides coups d’épaule.

Le poste est ouvert

De La Rose est arrivé à l’aréna sans savoir ce qui l’attendait. Lorsqu’il a vu son nom au tableau dans la formation partante, flanqué d’Alex Galchenyuk et d’Artturi Lehkonen, le Suédois a compris qu’il affronterait Crosby toute la soirée.

Ce fut le cas pour 13 min 40 s des 16 :17 qu’il a passées sur la patinoire…et il a terminé avec un différentiel de +1. Crosby a certes dominé les mises au jeu, mais a été invisible une bonne partie de la soirée.

De La Rose a même permis à Galchenyuk se créer un peu d’espace en ne lâchant pas le 87 d’une semelle.

« Je sais que Chucky est un des joueurs les plus talentueux offensivement dans la ligue, alors si je peux le soulager de responsabilités défensives, un peu de pression en moins dans notre territoire, il aime ça. J’essaie de l’aider à créer des choses », a expliqué De La Rose.

Ce n’est un secret pour personne que depuis le départ de Tomas Plekanec, un poste permanent s’est potentiellement ouvert au centre. Un poste de responsabilités défensives, de fiabilité, d’intensité et, surtout, de régularité.

Julien le voit-il dans ce rôle?

« Oui absolument. Je regarde plus loin que ça même. Il a eu un match difficile l’autre soir à Columbus et il a bien rebondi contre Dallas et ce soir encore il fait du bon travail. Pour de jeunes joueurs comme ça qui se font donner des missions, il répond bien. La confiance est à la bonne place. Il y a une fierté à faire ce travail de la bonne façon. Il ne faut pas oublier que Malkin est possiblement le joueur le plus utile dans la ligue présentement », a estimé le pilote du CH.

Au bout du compte, c’est une défaite, une 45e en 71 matchs cette saison. Le Canadien est virtuellement éliminé et l’avenir n’est pas très radieux.

Néanmoins, l’organisation table sur beaucoup de jeunes joueurs présentement et possède théoriquement, en Claude Julien, un bon professeur.

« Depuis le début de l’année, je vois quand même une certaine amélioration. Je vois aussi une certaine maturité en plusieurs joueurs. Tous les jours, chaque entraîneur prend certains joueurs et on prend le temps d’enseigner. Aussi difficile qu’est cette saison, c’est important d’être patient et de travailler à améliorer ces jeunes. Il y a beaucoup de potentiel, c’est de l’exploiter au maximum. »

Il faudra voir éventuellement le fruit de ses efforts, mais pour l’instant, il travaille d’arrache-pied pour aider ses espoirs.

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