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Après l'annulation du spectacle, les militants de SLĀV-Résistance en veulent plus

Des excuses, une plus grande reconnaissance et davantage de financement pour une meilleure représentation des minorités dans le monde artistique québécois. Voilà ce qu'ont principalement réclamé les cinq membres du collectif SLĀV-Résistance, une semaine après l'annulation du spectacle de Betty Bonifassi et Robert Lepage. Le groupe à l'origine des protestations contre SLĀV a dévoilé mercredi ses revendications.

Le Théâtre du Nouveau Monde, à commencer par sa directrice Lorraine Pintal, qui a accueilli SLĀV jusqu’à son annulation, doit présenter des excuses publiques, ont répété les militants présents devant les médias, après avoir réclamé la même chose au moment de lancer leur pétition appelant à la fin du spectacle, la semaine dernière.

Voulant aller au-delà du scandale autour de cette pièce utilisant des chants d'esclaves afro-américains, SLĀV-Resistance a dénoncé le peu d’intérêt de nombreux décideurs de la vie artistique québécoise pour faire plus de place aux artistes noirs et à leurs oeuvres.

Le Festival international de jazz, le Conseil des arts du Canada, la Ville de Montréal, les gouvernements du Québec et du Canada, les commanditaires ou encore les médias francophones se trouvent notamment dans le viseur du groupe.

Les militants leur ont reproché tour à tour leur racisme, leur « blanchitude » et leur manque de diversité. Le financement des arts issus des minorités culturelles était au coeur de leurs critiques.

« La politique culturelle québécoise de 600 millions de dollars témoigne d’une absence totale de soutien financier envers les communautés racisées, et particulièrement les personnes noires », a ainsi dénoncé Elena Stoodley, l’une des militantes à avoir pris la parole.

Diversité des points de vue

D’autres membres de la communauté noire ont toutefois fait part de leur désaccord avec les positions du collectif, notamment quant à l’annulation de SLĀV. Une pétition intitulée SLĀV : contre la censure a été lancée par Amadou Sadjo Barry, enseignant de philosophie au Cégep de Saint-Hyacinthe.

« La censure, parce qu’elle représente une forme de violence faite à la liberté, a toujours constitué les clivages et généré de l’instabilité sociale », peut-on lire notamment dans ce texte publié voilà quatre jours et signé pour l’heure par un peu plus de 1500 personnes.

De son côté, dans un communiqué publié la semaine dernière, Robert Lepage a décrit la fin de son spectacle à Montréal comme un « coup porté à la liberté d'expression artistique ».

Malgré son annulation à Montréal, SLĀV devrait être présenté dans d’autres villes au Québec, comme Sherbrooke, Drummondville et Saint-Jérôme.

Avec les informations de Louis de Belleval.

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