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Attaque d'une fillette à Brossard : les policiers étaient déjà intervenus

Les policiers de Longueuil sont intervenus en 2012 auprès du propriétaire du chien qui a mordu violemment une fillette de huit ans dimanche dernier à Brossard. Ils répondaient à un appel de citoyens du quartier qui craignaient le chien de l'individu. Selon des témoins, ce dernier avait même frappé un résidant qui lui demandait d'attacher son animal, mais les agents les avaient dissuadés de déposer une plainte officielle.

Un texte de Yanick Cyr

Témoin de la scène survenue à l'été 2012, un résident du quartier, qui tient à conserver l'anonymat, relate l'incident survenu à l'époque au parc Marquise, là même où est survenue l'attaque contre la fillette dimanche dernier.

Déçu de l'intervention des policiers ce jour-là, l'homme croit que l'attaque contre la fillette aurait pu être évitée si le Service de police de l'agglomération de Longueuil (SPAL) avait pris, à l'époque, la menace plus au sérieux.

Menaces et altercations

L'incident s'est produit lorsque l'individu est arrivé au parc, avec son chien en liberté. Devant l'inquiétude de plusieurs parents, un des pères présents demande à l'homme d'attacher son chien.

Une demande qui soulève l'ire du propriétaire du chien, qui se met à pourchasser le parent inquiet à travers le parc en l'invectivant. « J'appelle la police! », lance finalement l'homme pourchassé en prenant son téléphone. Contrarié, le propriétaire du chien frappe la main de son interlocuteur, lui faisant échapper son téléphone.

Témoin de la scène, un autre résident du quartier, également père d'un enfant qui jouait dans le parc, s'interpose. « Attache ton chien! », lui répète-t-il en constatant que le chien, toujours en liberté, suivait son maître partout dans le parc.

Mal lui en a pris, puisque le propriétaire du chien reporte désormais sa colère contre lui. Se tournant vers lui, le propriétaire du chien menace le bon Samaritain qui s'était interposé en lui frappant le front de son index de façon répétée.

Devant cette nouvelle menace, le citoyen, qui avait échappé son téléphone, réussit finalement à contacter la police, ce geste provoque la fuite de l'individu.

Les patrouilleurs dépêchés sur place, après avoir entendu la version des parents, se rendent chez le propriétaire du chien, avant de revenir au parc rencontrer de nouveau les plaignants.

« De bons chiens »?

Les policiers leur expliquent que le propriétaire du chien a porté plainte contre eux et que s'ils déposent une plainte contre lui, ils seront contraints de les arrêter et de les emmener au poste.

Tentant de rassurer les parents, les policiers avancent avoir donné un avertissement au propriétaire du chien lui interdisant de retourner au parc avec son chien.

L'un des policiers explique même aux parents à quel point les pitbulls sont « de bons chiens ».

Découragés par la tournure des événements et constatant que l'individu auquel ils font face est visiblement familier avec le système judiciaire, ils décident de ne pas déposer de plainte contre le propriétaire du chien et d'oublier l'incident.

Un témoin refuse de baisser les bras

Un autre témoin de l'incident, une ancienne résidente du quartier qui a depuis déménagé, a corroboré à Radio-Canada le récit du premier témoin. Cette femme, qui souhaite également ne pas être identifiée, affirme ne pas avoir compris l'attitude des policiers, à l'époque.

« Il nous a découragés de porter plainte en nous expliquant que nous nous exposions à une amende de 500 $, à une comparution en Cour et à un possible dossier criminel », déplore la dame, dépassée par l'impunité avec laquelle le propriétaire du chien pouvait s'en tirer après avoir frappé un citoyen dans un parc devant une dizaine d'enfants.

Refusant de baisser les bras, cette mère de famille décide de porter plainte auprès du Service de police de l'agglomération longueuil (SPAL) pour dénoncer l'attitude et les agissements du policier qui les avait découragés de porter plainte.

Le SPAL a reçu sa plainte et lui a assuré qu'il y avait eu une intervention d'effectuée auprès du policier pour corriger son attitude, mais qu'il n'y avait rien de plus à faire pour l'incident avec le chien de leur voisin.

« C'était une réponse bureaucratique, mais pas une de sécurité publique », déplore la femme qui a conservé les échanges de courriels qu'elle a eu avec les agents du SPAL. « Je comprends que le policier arrivait d'une intervention beaucoup plus grave, mais ce n'est pas une raison pour minimiser le problème auquel il était maintenant confronté. »

L'incident est tombé dans l'oubli de la petite histoire du quartier jusqu'à dimanche dernier lorsque le pitbull a broyé la mâchoire de la fillette de huit ans.

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