L'entreprise d'importation montréalaise Portfranc attend une cargaison de tissus, de vêtements et de champagne qui doit arriver au port de Montréal le 29 septembre. La raison de cette lenteur : comme il y a 375 ans, la marchandise se trouve à bord d'un voilier.

Portfranc voulait importer au Canada des produits français fabriqués à la main. Elle voulait aussi offrir une route « carboneutre », sans utilisation de combustibles fossiles.

L'un des clients de Portfranc, la Maison Simons, a entendu dire que Portfranc songeait à utiliser un voilier à moyen terme pour acheminer les marchandises du port de Larochelle, en France, jusqu'au Québec.

« Ils ne nous ont pas forcés, mais ils ont dit : ça serait bien que vous trouviez une solution » pour que ce projet devienne réalité plus rapidement. Ce qui fut fait une première fois.

Maintenant, un deuxième navire est en route.

« Il y a une niche, notamment pour les produits à forte valeur ajoutée : le vin, le champagne », explique Fabien Lozsach, cofondateur de Portfranc. « Il y a aussi des enjeux environnementaux où certaines compagnies doivent réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Nous sommes là pour leur offrir ce service. »

Sans pétrole à la réception

« Le but, c'est justement d'avoir un dernier kilomètre complètement propre », ajoute Clément Sabourin, lui aussi cofondateur de Portranc. « Ç'aurait été un peu dommage de monter tout ce projet, d'avoir un bateau qui nous livre tout ça de manière propre, et après, de ne pas être capables de suivre, alors que la technologie existe. »

La technologie en question, c'est celle de l'entreprise lavalloise Nordresa, qui fabrique des camions de livraison commerciale entièrement électriques. « À partir de l'arrivée du bateau, à la fin septembre, le camion sera disponible pour faire la livraison », explique Sylvain Castonguay, président-directeur général de Nordresa.

L'un des clients de Portfranc, le Cirque du Soleil, a tenu lui aussi à faire partie de cette aventure peu commune. « Tout de suite, l'idée nous a plu », raconte Jean-François Michaud, conseiller principal, responsabilité sociale d’entreprise, au Cirque du Soleil.

« Nous voulons arriver à réduire notre impact environnemental, principalement en lien avec la lutte aux changements climatiques, dit-il. Il y a un côté très innovant dans ce projet et nous voulions soutenir cette entreprise. »

Le Cirque du Soleil a fait appel à Portfranc pour recevoir une cargaison de tissus destinés à ses costumes, conçus et fabriqués à Montréal. « Tout le monde est en vacances en France au mois d'août. Pour nous, commander en juillet pour nos besoins en septembre ou octobre était tout à fait naturel », ajoute M. Michaud.

Beaucoup plus long

Cependant, le transport par voilier est beaucoup plus long que par un cargo classique. « C'est trois fois plus long, six semaines au lieu de deux avec le fuel. Il faut partir vers le sud, jusqu'aux Canaries, et profiter des vents portants pour revenir au Québec », admet Fabien Lozsach.

Mais l'entreprise mise sur son volet environnemental pour charmer ses clients, tout en multipliant les démarches pour trouver des navires qui pourront transporter plus de marchandises et, si possible, plus rapidement.

« Nous travaillons avec des compagnies qui développent des voiliers avec de plus grandes capacités. Notamment en Norvège. Mais nous voulons que ce soit carboneutre », poursuit M. Lozsach.

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