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Automobiliste aspergé de poivre de Cayenne : « C’est préoccupant », juge la mairesse Plante

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, s'est dite troublée au lendemain de la diffusion d'une vidéo montrant deux policiers aspergeant de poivre de Cayenne un automobiliste et des piétons au centre-ville, dans la nuit de samedi à dimanche.

Un texte de Romain Schué

Mme Plante a indiqué lundi matin avoir pris connaissance de cette vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, dont l’authenticité avait été confirmée la veille par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). On y voit notamment un automobiliste, à l’arrêt, être aspergé de poivre de Cayenne par un policier.

Le conducteur a été sorti de force de son véhicule, avant d’être menotté. Un deuxième policier a ensuite aspergé de poivre de Cayenne l’auteur de la vidéo, ainsi que la foule qui s’était massée autour des forces de l’ordre.

« Ça m’a troublée, comme beaucoup de gens à Montréal, a confié Valérie Plante. J’ai eu une conversation avec M. Prud’homme [directeur intérimaire du SPVM], il m’a tout de suite indiqué qu’une enquête avait été mise en place. »

« C'est préoccupant », a-t-elle ajouté.

Cet incident s’est produit samedi soir, peu avant minuit, à l'intersection des rues Sainte-Catherine Ouest et Drummond.

Interviewé par Isabelle Richer sur les ondes d’ICI RDI lundi, le porte-parole du SPVM, Ian Lafrenière, a confirmé qu'« une enquête complète » a été ouverte, afin de connaître « l’ensemble des faits ».

« Pour le moment », le SPVM n’est « pas capable de défendre le geste du policier », a ajouté M. Lafrenière, précisant que « des éléments [...] manquent » pour « déterminer avec exactitude si [le poivre de Cayenne] était le bon outil ».

Samedi soir, la rue Sainte-Catherine Ouest a été fermée à la circulation à deux reprises, en raison des festivités liées au Grand Prix de Formule 1. « C’était la fête, des gens faisaient une parade », a rappelé le SPVM, en soulignant que des « crissements de pneus » mettaient en danger la sécurité des piétons.

L’automobiliste concerné aurait, selon le SPVM, klaxonné à plusieurs reprises. Ce dernier a « refusé de cesser » et a « refusé de s’identifier » auprès des policiers présents à vélo, a détaillé Ian Lafrenière.

Le conducteur, qui devrait être accusé de voie de fait et d'entrave au travail des policiers, selon le SPVM, a par la suite qualifié les agents de « racistes ».

Selon des informations obtenues par Radio-Canada, sa famille consulte en ce moment des avocats afin de déterminer les suites à donner à cette affaire.

Contacté, l'interessé n'a pas voulu émettre de commentaires.

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