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Aux armes citoyens... contre l'agrile du frêne

La Ville de Montréal élargit sa lutte contre l'agrile du frêne et met les citoyens à contribution. Un règlement municipal oblige maintenant les propriétaires à faire traiter les frênes dans les zones à risque ou encore à faire abattre les arbres lorsque c'est requis.

Un reportage de Anne-Louise Despatie

En revanche, la Ville assume la moitié des frais pour l'injection du biopesticide TreeAzin.

Dans l'arrondissement Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce, Louis Legault a participé à la soirée d'information concernant ce nouveau règlement. Comme propriétaire, il trouve que la mesure lui coûtera cher, mais qu'elle est nécessaire.

« J'avais déjà consulté un entrepreneur l'an dernier pour protéger mes trois frênes dont les troncs sont doubles. Il m'en coûterait environ 500 $ par arbre. Si la Ville paie la moitié, ça me reviendra à 750 $ en tout. Mais on n'a pas le choix : la Ville s'y attaque avec agressivité et prend le taureau par les cornes pour régler le problème. Les citoyens doivent en faire autant », affirme-t-il.

L'entomologiste et chercheur Robert Lavallée croit que la Ville de Montréal n'a pas le choix. « La collaboration de tous est essentielle : si les frênes de rue sont traités, mais que vous avez juste à côté des pouponnières à agriles sur les terrains privés, on ne se comprendra plus. Et tout ce qu'on peut faire pour l'instant c'est gagner du temps », explique M. Lavallée.

À la recherche d'un ennemi pour l'agrile du frêne

Il n'y a pas de prédateur naturel pour ce ravageur qui vient d'Asie. « C'est le pire insecte exotique qu'on ait eu en milieu urbain », affirme Robert Lavallée de Ressources naturelles Canada, qui collabore avec un autre chercheur québécois pour adapter l'utilisation, en milieu urbain, d'un champignon pathogène contre l'agrile du frêne.

« Nous savons que des insectes soumis en laboratoire à ce champignon-là mourraient après quelques jours. Nous sommes en train de faire une évaluation de l'efficacité de cette méthode unique, grâce à différents pièges qui contaminent les insectes et leur permettent ensuite d'aller en contaminer d'autres », résume Claude Guertin de l'INRS- Institut Armand Frappier.

Son collègue qui travaille pour le gouvernement fédéral partage le même objectif. « Que l'agrile aille dans le piège, se contamine et puis transmette la bonne nouvelle parmi ses partenaires. Donc l'idée est d'introduire une maladie dans la population d'agrile, une maladie qui n'existe pas présentement et qui permettrait de rétablir un certain équilibre », détaille le chercheur.

Grâce à un colorant que contiennent aussi ces pièges, les chercheurs espèrent mesurer la transmission de la maladie et arriver enfin à une façon de freiner le ravageur.

Une propagation sournoise

Il n'y a pas d'outils pour détecter facilement la présence de l'agrile du frêne. Lorsqu'on constate sa présence en raison des dommages qu'il cause à la cime d'un frêne, l'insecte peut y avoir passé jusqu'à deux ans. Les larves se développent sous l'écorce.

C'est sournoisement que l'insecte s'est introduit à Montréal. Ses ravages ont été repérés vers 2001, dans quelques arbres situés près du port de Montréal.

On soupçonne les contenants de bois servant à transporter des marchandises d'être les responsables de l'arrivée de l'insecte. Le transport du bois de chauffage aurait aussi contribué à disséminer le ravageur vers d'autres régions.

La carte produite par l'Université du Michigan montre la dispersion et l'ampleur du problème en Amérique du Nord depuis le début des années 2000.

Voici la dispersion de l'agrile du frêne au Canada et aux États-Unis de 2001 à 2014 :

Cliquez sur la carte pour voir les zones réglementées à l'égard de l'agrile du frêne :

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