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Avec les étoiles de la NCAA, une chance unique pour Régis Cibasu

Le receveur des Carabins de l'Université de Montréal Régis Cibasu aura la chance de montrer ce qu'il sait faire aux recruteurs de la NFL, le 20 janvier, au Tropicana Field, en Floride, à l'occasion du 93e East-West Shrine Game.

Un texte de Julien Lamoureux

Chaque année, deux joueurs d'universités canadiennes sont invités à ce match des étoiles du football collégial américain et Cibasu est le premier joueur des Bleus à recevoir cet honneur. Il suit les traces des Québécois Laurent Duvernay-Tardif (McGill) et Antony Auclair (Laval).

Le garde Mark Korte, de l'Université de l'Alberta, est l'autre élu au nord de la frontière.

« Je pense juste à performer là-bas, à faire de mon mieux, et ce qui suivra suivra. C'est ma méthode de travail », assure Cibasu, 24 ans, qui refuse de penser tout de suite à la NFL.

Le match, disputé dans un stade de baseball de plus de 40 000 places et diffusé à NFL Network, est une occasion inestimable de se retrouver sur le radar des recruteurs des 32 formations du circuit professionnel de football. Habitué aux grandes occasions - il a été nommé joueur par excellence du match de la Coupe Vanier en 2014 -, Cibasu pourrait donc changer le cours de sa jeune carrière dans moins de 10 jours s'il connait une grande performance, même s'il refuse de parler de ce qui l'attend à long terme.

« Depuis que les recruteurs de la [NFL] savent [que Cibasu va être présent], on a reçu des appels. Même pendant la saison, il y avait de l'intérêt pour lui, que ce soit comme receveur éloigné ou comme ailier rapproché, alors ça va être très intéressant pour lui », révèle Danny Maciocia, l'entraîneur des Carabins, qui ne tarit pas d'éloges pour son jeune protégé.

« Il a toujours travaillé très fort. En quatre ans, il n'a pas manqué une séance, un entraînement, une réunion, il n'est jamais arrivé en retard. Il est commis et dédié, c'est la raison pour laquelle il a été sélectionné », précise celui qui l'accompagnera pour toute la semaine en Floride.

Avant le match de samedi, les joueurs choisis pour la Shrine Game prendront part à des entraînements et seront soumis à des tests physiques du lundi au jeudi. « Ça va être intense, c'est un showcase. Tu vas là pour te prouver et tu te donnes à fond toute la semaine », estime celui qui est arrivé au Québec de Kinshasa quand il avait trois ans.

Conscient que c'est grâce à ce match que Duvernay-Tardif et Auclair ont été remarqués - et éventuellement repêchés - par des équipes de la NFL, Cibasu ne s'attend pas à avoir trop de temps pour profiter de la plage et du soleil.

Mesurant 6 pi 3 po (1,91 m) et pesant 235 lb (107 kg), le Congolais d'origine se démarque par son jeu physique, estime Maciocia. « Il est capable d'aller chercher les ballons “50-50”, ils sont plus que 50 % en sa faveur. »

Sa capacité à jouer à deux positions différentes apporte aussi beaucoup de flexibilité, explique l'entraîneur, qui croit qu'il « a un bon upside, qu'il a encore beaucoup à apprendre ».

Une première pour les Carabins

Maciocia suivra Cibasu à Saint Petersburg, pas en tant qu'émissaire pour l'équipe qu'il dirige depuis 2011, mais bien pour soutenir et aider ce dernier, assure-t-il.

Il ne peut toutefois pas s'empêcher de s'enorgueillir de ce que signifie cette nouvelle pour les Carabins. « Ça montre que le programme va dans la bonne direction, qu'on peut développer des joueurs qui jouent dans les gros niveaux », assure-t-il.

Dans les dernières années, un ancien Carabin, David Foucault, a joué avec les Panthers de la Caroline, tandis que plus d'une vingtaine ont été repêchés par des formations de la CFL.

Plus généralement, Maciocia et Cibasu s'entendent pour dire qu'il s'agit d'un signe de la vitalité du football québécois. « De plus en plus, les gens savent ce qui se fait au Québec. On réalise qu'on n’a pas besoin d'aller aux États-Unis pour aller dans la [NFL] », indique le premier.

« Ça a commencé avec Laurent [Duvernay-Tardif], ça montre qu'il y a du talent ici. Ça ouvre la porte et ça nous aide à avoir accès à ça », analyse le receveur. Entouré de joueurs d'universités prestigieuses comme Ohio State, South Florida et Oklahoma, il a bien hâte de montrer « qu'au Québec, on a du talent ».

Même s'il ne se projette pas trop dans le futur, Cibasu sait une chose : il compte se rendre disponible pour les repêchages de la NFL et de la LCF. Il a d'ailleurs été invité au camp d'évaluation de la ligue canadienne, qui sera tenu ce printemps.

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