Le transfert de Ballou Tabla au FC Barcelone est un succès qui rejaillit sur tout le soccer québécois. Un joueur d'ici? Au Barça? Aussi bien envoyer un homme sur la Lune. Mais certains y croyaient depuis le début, à commencer par sa « deuxième famille » au club de soccer Panellinios à Montréal.

Des trophées. Une tonne de trophées. C'est ce qui frappe l'oeil dès qu'on entre dans les bureaux du club de soccer Panellinios, dans le quartier Parc-Extension à Montréal. Le président, Andy Kontogiannis, en pointe un en particulier : celui du championnat canadien des moins de 14 ans, remporté en 2013.

« Ballou avait été extraordinaire, dit-il. Il y avait un match qu'ils ont gagné 14 à 1 cette année-là et il a fait 7 ou 8 buts. »

Cette victoire a été l'un des premiers moments importants de la carrière de Ballou Tabla. Des entraîneurs de Panellinios avaient découvert le jeune prodige deux ans plus tôt, à l'âge de 12 ans, alors qu'il venait d'arriver de la Côte d'Ivoire, et en quatre ans au sein du club, il a connu une ascension fulgurante.

À 15 ans, il s'est joint à l'équipe canadienne. Après des matchs en ronde de qualification pour la Coupe du monde des moins de 17 ans, il avait déjà reçu un appel de l'un des plus grands clubs au monde.

« Au téléphone, un monsieur me dit : "On a un intérêt pour Ballou... en Europe... à Liverpool, raconte Andy Kongotiannis, avec une expression de surprise totale. Ça vient du ciel! »

Après des essais en Angleterre, Ballou Tabla revient à Montréal où il se joint à l'Académie de l'Impact... mais le rêve européen avait pris racine.

« Ça nous donne du courage »

D'abord avec l'Académie et ensuite avec la première équipe, Ballou épate. Il est suivi de près par plusieurs clubs outre-Atlantique, mais difficile de savoir si son rêve va se réaliser à l'époque.

« Avant, c'était des paroles, c'était peut-être des rêves. Maintenant, le rêve est devenu réalité, explique Philippe Eullaffroy, directeur de l'Académie de l'Impact depuis sa création, en 2010.

« Nos jeunes regardent Messi à la télé, puis de voir quelqu'un qu'ils ont côtoyé il y a quelques semaines jouer à ce niveau-là ou presque, ils voient que c'est possible », ajoute-t-il.

Comme l'a dit le président de l'équipe, Joey Saputo, il s'agit du premier joueur « formé au club dans notre Académie » à quitter Montréal pour l'Europe. Un moment important pour l'Impact de Montréal... mais aussi pour tous les petits clubs de soccer du Québec, en particulier le club qui a vu grandir Ballou Tabla.

« Ça nous donne du courage, lance Andy Kontogiannis, président de Panellinios depuis sa fondation, en 1996. C'est que des bénévoles qu'on a ici. Des papas, des mamans qui se lèvent à 6 h le matin pour amener les jeunes en tournoi, été comme hiver. »

Selon lui, le club a été un peu comme une « deuxième famille » pour le jeune homme.

« Ça nous donne du courage, répète-t-il, pour continuer pendant une quinzaine, vingtaine, trentaine d'années. Moi j'ai 60 ans pis je vais aller jusqu'à 100 ans avec ça. »

« C'est pas juste du talent, prévient-il. Il a travaillé fort. C'est un modèle à suivre. »

Andy Kontogiannis promet d'être dans les gradins quand Ballou Tabla fera ses débuts à Barcelone. Il invite d'ailleurs les jeunes Québécois à ne pas rater cet événement historique.

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