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Benne déployée sur l'A-40 : un voyant lumineux aurait pu prévenir l'accident

La Sûreté du Québec (SQ) espère que le Code de la sécurité routière sera bientôt modifié pour obliger l'installation d'un voyant lumineux sur le tableau de bord de tous les camions munis d'une benne, ce qui permettrait, selon elle, d'éviter des accidents comme celui de mercredi.

« Actuellement, il y a des changements qui ont été demandés au niveau du Code de sécurité routière par les partenaires suite à diverses enquêtes qui se sont faites sur le terrain [...] pour changer la loi, pour qu'il y ait obligatoirement un voyant lumineux qui est fonctionnel dans le véhicule », a indiqué Jason Allard, de la SQ, jeudi matin, sur le plateau d'Isabelle Richer.

Certains camions sont déjà équipés d'un tel voyant, mais « présentement, la loi ne le prescrit pas », a précisé le lieutenant.

« Le conducteur doit pouvoir voir le voyant – et il doit être fonctionnel, on s'entend – parce qu'il est [déjà] arrivé certains événements où il n'était pas fonctionnel », a-t-il souligné.

Cette obligation est prévue dans le projet de loi 165, déposé en décembre 2017 par le ministre André Fortin, précise le ministère des Transports du Québec (MTQ).

« Il est proposé que la disposition concernant les avertisseurs lumineux entre en vigueur 12 mois après l’adoption de la loi, afin de permettre aux entreprises de camionnage d’installer le voyant lumineux et le système de détection, précise par courriel Alexandre Bougie, porte-parole du MTQ. Il est également proposé que le propriétaire ou l’exploitant d’un véhicule lourd non conforme aux exigences, quant à la présence d’un voyant lumineux, soit passible d’une amende de 350 $ à 1050 $.

Une collision spectaculaire

L'accident en question s'est produit mercredi avant-midi sur l'autoroute 40 est, lorsqu'un camion dont la benne était soulevée a violemment heurté une passerelle pour piétons à la hauteur du boulevard Brien, à Repentigny. Personne n'a été blessé, mais une partie du chargement de grains du camion s'est répandue sur la chaussée. De plus, une partie de la passerelle, lourdement endommagée, a dû être démantelée pendant la nuit.

L'autoroute a été rouverte à la circulation dans les deux voies, tôt jeudi matin.

Des enquêteurs et des spécialistes en reconstitution d'accidents se sont rendus sur place pour tenter de déterminer comment une telle situation a pu se produire. Le conducteur du camion a-t-il fait preuve de négligence? Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions, indique Jason Allard.

« Selon les informations qu'on a, c'est seulement 1 kilomètre avant d'arriver au viaduc que la benne se serait mise à se surélever. Maintenant, est-ce que c'est une défectuosité mécanique? Est-ce que le conducteur faisait autre chose dans le véhicule ou a frappé le bouton en prenant quelque chose sur le banc du passager? On ne le sait pas présentement », a admis le lieutenant.

Ce type de collision est très rare, selon lui. « Exceptionnel », même. Il se rappelle néanmoins un accident similaire, en 2015, à Gatineau, qui avait coûté la vie à Rock Laurin, un camionneur de l'entreprise Transport Dubé âgé de 41 ans. La CSST avait à l'époque fait valoir la nécessité de munir les camions à benne basculante d'un mécanisme permettant aux chauffeurs de détecter la position de leur benne.

L'accident de mercredi rappelle aussi celui qui a mené à la destruction à Longueuil, en 2015, d'une passerelle enjambant la route 132 à la hauteur du Chemin-Chambly, qui s'est effondrée après avoir été heurtée de plein fouet par la benne d'un camion de déneigement qui n'avait pas été abaissée. L'ex-ministre des Transports Robert Poëti s'était alors montré ouvert à obliger les camions-bennes à être équipés d'un mécanisme d'alarme.

Qui paiera la facture?

En théorie, ce sont les assurances de l'entreprise de camionnage qui devraient payer les frais de la passerelle qui appartient à la Ville de Repentigny. « Est-ce qu’il y a des possiblités de poursuivre les responsables? Sûrement », a déclaré le directeur général adjoint de la Ville, Dominique Longpré.

À Longueuil, pour l'accident survenu sur la 132, la Ville a poursuivi le propriétaire du camion. Le recours est en partie réglé.

Une vidéo devenue virale instantanément

Une vidéo de l'accident de mercredi a beaucoup circulé sur les réseaux sociaux.

Bien qu'il avoue que les images sont spectaculaires, le lieutenant Allard insiste pour dire que l'automobiliste qui les a filmées n'a pas eu le bon réflexe.

« La fonction téléphonique du cellulaire devrait être la première chose qu'on doit utiliser dans une situation comme ça, où il y a un danger imminent pour la population. Le premier réflexe du conducteur devrait être de faire le 9-1-1, dit-il, ça ne devrait pas être de filmer l'action ou l'événement qui se passe ».

Jason Allard précise que, même si le Code de sécurité routière interdit l'utilisation du téléphone au volant, « il y a des prescriptions à la loi qui prévoient que si vous êtes dans une situation urgente et que vous devez communiquer, vous pouvez utiliser votre cellulaire ».

« Et des fois, chaque seconde compte », conclut-il.

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