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Benoit Dorais concède qu'il ne faut pas « banaliser » la hausse des taxes

L'auteur du premier budget de Projet Montréal, Benoit Dorais, admet que la hausse de taxes de 3,3 % décrétée par son administration mercredi a été mal reçue dans la population. Le président du comité exécutif de la Ville de Montréal maintient cependant qu'il s'agit d'un budget cohérent avec la plateforme électorale de sa formation et que les Montréalais vont « en avoir pour [leur] argent ».

Une hausse moyenne de 118 $ : ce chiffre, qui représente la somme supplémentaire qu'auront à payer annuellement les propriétaires de maisons unifamiliales, frappe l'esprit. « Il ne faut pas le banaliser », a concédé M. Dorais au micro d'Anne-Marie Dussault, mercredi, à l'émission 24|60, sur ICI RDI.

Le président du comité exécutif souligne cependant que le budget déposé mercredi au conseil municipal contient « du concret », dont un programme en habitation pour acquérir une propriété et des sommes supplémentaires pour le déneigement, pour les travaux routiers, etc.

Quant à la taxe sur l'eau, qui augmentera de 1,1 %, « c'est elle qui fait en sorte qu'on est à 3,3 % », soit au-delà de l'inflation prévue par le Conference Board du Canada pour 2018.

Or, cette taxe est « nécessaire », a-t-il répété. « C'est une taxe qui est dédiée, qui ne sera pas perdue ». « On va faire nettement plus de travaux dans les infrastructures d'eau, et ça, les gens le demandaient ».

Alors que le porte-parole de l'opposition officielle en matière de Finances, Alan DeSousa, affirmait mercredi que les Montréalais n'auraient peut-être pas voté pour Projet Montréal s'ils avaient su qu'une fois au pouvoir, la formation renierait son engagement de maintenir les taxes foncières sous l'inflation, M. Dorais affirme que les électeurs ont fait leur choix en fonction d'un ensemble de promesses. « Ils l'ont fait parce qu'on avait un programme qui collait à leurs aspirations [...] et c'est ce qu'on présente aujourd'hui : un ensemble de mesures », a-t-il souligné.

Mercredi après-midi, M. Dorais avait semblé minimiser l'importance de l'augmentation de taxes décrétée par son administration.

Lors de la séance du conseil municipal qui a suivi la présentation du budget, le chef de l’opposition officielle, Lionel Perez, avait réprimandé l’administration en disant que le budget allait « faire très mal aux Montréalais et Montréalaises ».

« Vous avez brisé une de vos principales promesses en ne respectant pas l’augmentation de taxes au taux de l’inflation, avait-il lancé. Comment pouvez-vous aujourd’hui regarder les Montréalais en plein visage et leur expliquer ce bris de promesse? »

Ce à quoi Benoit Dorais avait répondu : « Oui, c’est 10 $ de plus par mois pour un compte [de taxes] moyen, mais est-ce que ça fait mal? Et les Montréalais, pour les 118 $ de plus qu’ils vont dépenser en moyenne [chaque année], auront davantage de services concrets, pas juste des programmes. »

Jeudi matin, lorsque l'animateur de Gravel le matin lui a demandé s'il s'agissait d'une déclaration malheureuse, M. Dorais a répondu qu'il fallait considérer cette citation dans son contexte.

« Le chef de l'opposition mordait dans ses mots. Il y avait tout le non-verbal et j'ai réagi à son langage non verbal », a-t-il dit.

Des mesures à venir pour le milieu des affaires

En ce qui concerne la réaction largement négative exprimée mercredi par le milieu des affaires, le président du comité exécutif ne semble pas trop s'en faire. « Ils se disaient aussi préoccupés lors de la campagne, et puis finalement, ce n'est pas la fin du monde qui arrivée le 5 novembre », a-t-il dit à 24|60.

Pour rassurer la communauté d'affaires, M. Dorais rappelle que des mesures concernant l'indemnisation des commerçants touchés par les chantiers seront annoncées sous peu par son collègue au Développement économique, Robert Beaudry. Il souligne également que la mairesse Valérie Plante a mis sur pied un comité chargé de réviser la fiscalité non résidentielle.

M. Dorais mentionne aussi que son budget prévoit une augmentation des coûts de main-d'oeuvre de seulement 1,4 %, soit moins que l'inflation, et qu'il comporte une hausse de 40 millions de dollars des paiements au comptant, ce qui aura pour effet de diminuer l'endettement de la Ville.

La commission sur les Finances et l'Administration de la Ville de Montréal entreprendra l'étude du budget à compter de vendredi, lors d'une assemblée publique qui s'étalera sur dix jours.

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