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Benoît Gauthier, un artiste qui aide la justice

Portraitiste à la Sûreté du Québec (SQ), Benoît Gauthier travaille dans l'ombre. Mais sa contribution est parfois éclairante pour les enquêteurs qui recherchent de dangereux criminels.

Ce fut le cas cette semaine en Montérégie, où les autorités ont pu porter des accusations contre un homme de Sainte-Julie après la diffusion du portrait-robot de ce dernier. Le portrait en question était l'oeuvre de Benoît Gauthier.

Les policiers enquêtaient sur une affaire d'agression survenue le 2 septembre dernier, dans le parc national du Mont-Saint-Bruno. La victime, une femme dans la cinquantaine, avait été violemment attaquée. Malgré ses blessures importantes, elle avait réussi à faire fuir l'homme.

À la suite de l'arrestation de l'agresseur présumé, le directeur adjoint du Service de police de l'agglomération de Longueuil (SPAL), Mario Plante, a rapporté que le comportement du suspect avait « beaucoup changé à la suite de la parution de son portrait-robot ».

« Des gens de son entourage s'en sont rendu compte et nous ont alertés », a expliqué le directeur adjoint du SPAL.

Deux heures en compagnie de la victime

Benoît Gauthier est l'un des deux portraitistes employés par la SQ.

Dans les heures qui ont suivi l'agression au parc du Mont-Saint-Bruno, M. Gauthier a passé deux heures avec la joggeuse qui avait été victime de cet acte criminel.

Le portraitiste, qui est titulaire d'une technique en arts appliqués et graphiques, s'efforce de mettre en confiance la personne qui lui livrera des informations cruciales sur le visage de l'agresseur. « On est là aussi pour les aider », dit Benoît Gauthier.

L'étape suivante : la forme du visage

Le travail de l'artiste consiste ensuite à donner forme au visage du suspect : sourcils, yeux, nez, cheveux, bouche...

M. Gauthier remarque que les victimes ont souvent de la difficulté à décrire la bouche du suspect, puisque cette partie du visage est souvent mobile, par opposition au nez, par exemple, qui ne bouge pas tellement.

Des détails révélateurs

Dans le cas de l'agression survenue à Saint-Bruno, le portraitiste avait la conviction d'être parvenu à trouver quelle était la couleur de la chevelure du suspect.

« J'étais certain qu'on avait la bonne couleur, dit-il. Cette couleur est particulière et cela peut éliminer énormément de suspects. »

Le suspect, Yves Roy, a été arrêté moins de deux semaines après la diffusion du portrait-robot. Il fait face à des accusations de séquestration, de tentative de meurtre et de tentative d'étranglement.

Un soutien au travail policier

Benoît Gauthier affirme que de voir son travail porter ses fruits est « très valorisant ». « Ça aide notre profession à établir la qualité de notre travail et le soutien qu'on peut apporter aux enquêteurs », affirme-t-il.

M. Gauthier se déplace un peu partout au Québec pour rencontrer des victimes. Sa collègue et lui dessinent près de 150 portraits-robots par année.

Ils sont moins de 10 au Canada à exercer ce métier à plein temps.

À partir de l'ensemble des portraits-robots diffusés l'an passé par la SQ, les enquêteurs de ce corps de police sont parvenus à identifier 27 % des personnes.

D'après le reportage de Karine Bastien

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