À 72 heures de son 10e combat chez les professionnels, le mi-lourd Artur Beterbiev (9-0-0, 9 K.-O.) rêve d'une troisième participation aux Jeux olympiques, à Rio de Janeiro, sous les couleurs de la Russie.

Un texte de Jean-François Chabot

Mercredi matin, l'Association internationale de boxe amateur (AIBA) a voté pour permettre aux professionnels de participer aux Jeux olympiques.

Cette annonce a visiblement ravivé la flamme dans le cœur de Beterbiev qui n'est jamais monté sur un podium olympique, malgré des présences à Pékin (2008) et à Londres (2012).

S'il compte une médaille d'or (2009) et une médaille d'argent (2007) aux Championnats du monde, le rêve olympique de Beterbiev reste incomplet.

Yvon Michel doute

S'il est d'accord avec la décision de l'AIBA d'ouvrir la porte aux professionnels du ring, le promoteur Yvon Michel estime que cette annonce arrive beaucoup trop tard pour que les meilleurs pugilistes en profitent dès les Jeux de Rio.

« Je pense que c'est un gros coup de promotion que l'on fait en prenant cette décision deux mois avant les Jeux olympiques. Je ne crois pas que l'on y verra des boxeurs de qualité ou des champions du monde aux Jeux olympiques de Rio parce qu'ils ont beaucoup trop à perdre. Le délai est trop court et l'adaptation pour passer d'un marathon de 12 rounds à un sprint de 3 rounds prend beaucoup plus que deux mois », estime Yvon Michel.

Par contre, il pense que le terrain est maintenant prêt pour voir un Jean Pascal, un Beterbiev ou un Gennady Golovkin à l'œuvre dans quatre ans aux Jeux de Tokyo.

Mais que pense Yvon Michel du souhait de Beterbiev d'aller tout de suite à Rio?

« J'ai un problème, justement parce qu'il veut y aller, reconnaît le patron de GYM. « Je trouve qu'on n'a pas assez de temps. Pour qu'il puisse aller à Rio, il doit d'abord gagner samedi et ne pas subir de blessure ou de coupure. »

« Il devrait ensuite participer, fin juin, à un tournoi de qualification à Bakou, en Azerbaïdjan, et y livrer quatre ou cinq combats à peine plus d'un mois avant le tournoi olympique. Ça n'a vraiment pas d'allure. Même chose à Rio où il aurait quatre ou cinq combats de plus en l'espace de 10 jours pour atteindre la ronde des médailles », insiste Yvon Michel.

Si Michel n'a pas l'intention de recommander à Beterbiev d'aller à Rio, il sait combien la scène olympique représente une vitrine de choix.

« Il faudrait qu'il soit vraiment bien préparé. Mais s'il en a l'opportunité, s'il insiste, nous, comme promoteur, nous devons essayer de permettre à nos boxeurs d'atteindre leur objectif qui est souvent de se battre en championnat du monde chez les professionnels. Mais si l'objectif d'Artur est d'aller aux Jeux olympiques, je ferai tout en mon pouvoir pour l'aider », a conclu Michel.

Le retour

En attendant, Beterbiev va se battre samedi soir, au Centre Bell, pour la première fois en près d'un an. Il voudra offrir une solide démonstration face à l'Argentin Ezequiel Maderna (23-2, 15 K.-O.). Ce gaillard n'a jamais été stoppé avant la limite.

Beterbiev a été ralenti dans sa progression par une blessure à l'épaule droite qui a nécessité une chirurgie et une longue rééducation.

Beterbiev est peut-être néanmoins à deux victoires du statut d'aspirant obligatoire pour Adonis Stevenson (champion WBC) ou pour Sergey Kovalev, détenteur des ceintures IBF, WBA et WBO.

Le gala de samedi comporte un total de huit combats et commencera à 20 h (HAE). La finale de la soirée, présentée en direct sur le réseau américain ESPN, est prévue pour minuit.

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