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Bilan mitigé du programme de tableaux blancs interactifs

Le but de ce programme de 240 millions de dollars, qui a pris fin au cours des derniers mois, était de doter toutes les classes des écoles publiques, primaires et secondaires, de cette technologie, censée remplacer le traditionnel tableau vert ou noir.

Or, la Commission scolaire de Montréal (CSDM), la plus importante de la province, accuse du retard : 40 % de ses classes n'en ont toujours pas, un taux plus élevé que la moyenne provinciale.

La petite école primaire Paul-Bruchési, dans l’arrondissement du Plateau Mont-Royal, est l'un des établissements « branchés » de la CSDM. Sa directrice, Danielle Charland, se considère chanceuse. « On a des tableaux interactifs dans toutes les classes, du préscolaire jusqu’à la sixième année », dit-elle, visiblement fière.

L’enseignant de 5e année Pascal Héon apprécie grandement son tableau interactif, un outil qu’il utilise tous les jours. « Je plains les enseignants qui n’en ont pas, parce que ça change une vie », souligne-t-il. « L’essayer, c’est l’adopter ». À l’écouter parler, on comprend qu’il n’est pas nostalgique du bon vieux tableau vert ou noir.

Or, l’école primaire Paul-Bruchési constitue en réalité un contre-exemple en matière d’implantation du programme de TNI, puisque les enseignants qui n’en ont toujours pas sont nombreux. En fait, en moyenne, 60 % des classes de la CSDM disposent d’un TNI, explique Daniel Martin, directeur par intérim aux technologies de l'information à la CSDM.

Plusieurs facteurs expliquent ce chiffre. D’abord, explique-t-il, la commission scolaire est à l’écoute des besoins de ses écoles. La CSDM a laissé une certaine latitude à ses établissements qui souhaitent acquérir des outils technologiques autres que des TNI. Par ailleurs, la présence d’amiante et de tableaux noirs patrimoniaux a aussi compliqué l’installation des tableaux interactifs, explique-t-il.

Est-ce à dire que l’objectif de l’ancien premier ministre Jean Charest de doter toutes les classes des écoles primaires et secondaires de TNI, n’était pas réaliste? « Quand on est en éducation, l'intention de faire 100 % quelque chose partout pareil, quand ça atterrit dans chacune des classes, ce n'est jamais très bien accueilli », explique M. Martin.

De son côté, Martin Bibeau, le vice-président de l’Alliance des professeures et professeurs de Montréal, qui représente quelque 9000 membres, qualifie l’iniative de Québec de « bordel » depuis le début.

Dans un langage coloré, il explique que le gouvernement a « garroché » le programme dans les écoles, sans avoir d’abord consulté les enseignants pour connaître leurs besoins.

Martin Bibeau ne porte toutefois pas de jugement sur le pourcentage de classes équipées d’un TNI à la CSDM. Mais il constate que certains enseignants sont déçus de ne pas disposer d’un tableau interactif. Alors que d’autres, qui ont pourtant ont un tel outil dans leur classe, l’utilisent finalement peu ou pas.

Le ministère de l'Éducation du Québec ne dispose pas de chiffres spécifiques sur l'implantation du programme de tableaux interactifs pour chacune des commissions scolaires du québec.

Mais à l'échelle provinciale, il estime que 80 % des classes en sont équipées.

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