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Blanchi, le maire de Saint-Constant dénonce son traitement

L'ex-maire de Saint-Constant Gilles Pépin se réjouit que les accusations de fraude, d'abus de confiance et de complot qui avaient été déposées contre lui aient été abandonnées. Mais il ne cache pas que toute l'affaire lui laisse un goût amer.

La Couronne a annoncé hier qu'elle renonçait à poursuivre M. Pépin et quatre autres personnes qui avaient été arrêtées par l'Unité permanente anticorruption (UPAC) en novembre 2013 en raison de nouveaux éléments au dossier.

M. Pépin, son fils Danny, Peter Veres, Benjamin Sternthal et André Roy avaient été inculpés relativement à la vente de terrains, à la construction d'une bibliothèque et au financement de son parti politique. En pleine commission Charbonneau, l'affaire avait été hautement médiatisée.

« Avec un nouveau procureur, ils ont pris le temps d'analyser comme il faut. Ils ont réalisé effectivement que leurs témoins, c'était des déclarations non fondées, et loufoques aussi », a expliqué l'ex-maire mercredi à l'émission Gravel le matin.

Il blâme durement la Couronne

Gilles Pépin affirme s'être plaint de son traitement dès son arrestation, mais en vain. « Je leur ai dit aux policiers qu'ils avaient mal fait leur travail, que c'était des incompétents. [...] Je ne comprenais pas. J'ai dit : "peut-être que vous avez une commande politique, une commande d'arrêter un maire... Ça paraît bien, arrêter un maire dans ce temps-là". »

« J'ai dit : "ce que je ne comprends pas, c'est qu'il y ait un procureur de la Couronne qui embarque dans votre délire". Effectivement, ils viennent de débarquer de leur délire. »

Aujourd'hui soulagé de la tournure des évènements, Gilles Pépin est d'avis que ses droits n'ont pas été respectés et que les autorités sont allées un peu vite pour porter des accusations dans ce dossier. « Ils devraient prendre le temps de plus vérifier, de plus approfondir » leur dossier, soutient-il.

« S'ils avaient pris le temps de venir me rencontrer, [...] s'ils avaient pris le temps de venir rencontrer les fonctionnaires à l'hôtel de ville, les gens à l'AMT - on a vendu une partie du terrain aussi à l'AMT pour une gare de train de banlieue, un stationnement - ils auraient compris tout de suite qu'il n'y avait rien là ».

Pour Gilles Pépin, les conséquences de toutes ces affaires ont été importantes : son intégrité personnelle a été mise en doute, sans compter que ses démêlés avec la justice ont contribué, dit-il, à sa défaite lors de la course à la mairie de 2013.

« L'histoire, avec les allégations, les perquisitions de l'UPAC, tout ça, c'est sûr que ça n'a pas aidé. [...] Mes adversaires politiques ont toujours profité de ça pendant la campagne électorale pour dire : "s'il a été arrêté, c'est parce qu'ils ont quelque chose" ».

« Des fois, j'ai été en colère. [...] J'ai été accusé pour des choses que je n'ai jamais faites », ajoute-t-il. « C'est grave : fraude, abus de confiance, abus de pouvoir... Rendu presque à une pré-retraite, se faire salir comme ça, faire salir sa réputation, c'est pas le fun. »

Aujourd'hui, Gilles Pépin persiste et signe : « j'ai toujours travaillé dans l'intérêt des citoyens, et ça, les citoyens de Saint-Constant le savent », assure-t-il.

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