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Bois d'oeuvre : Mont-Laurier veut éviter une nouvelle crise

La décision de l'administration Trump d'imposer des droits compensateurs au bois d'oeuvre canadien est vue avec appréhension à Mont-Laurier. La ville se relève à peine de la dernière crise forestière du milieu des années 2000, provoquée, là encore, par Washington, et qui avait entraîné la perte de plus de 1000 d'emplois. Son maire, Michel Adrien, craint une rechute.

« Nous avons vécu, entre 2007 et 2010, une période très difficile », raconte le maire de Mont-Laurier. « Nous avions perdu plus d'un millier d'emplois. Presque 1500 emplois. Nous en avions récupéré une partie. Nous étions à environ 500 emplois de moins qu'en 2006. »

« Ces droits compensatoires sont injustes, plaide-t-il. Le gouvernement du Québec a très bien fait son travail avec l'adoption d'un nouveau régime forestier depuis 2013. Avec ce régime, nous nous conformons entièrement aux lois du marché », ajoute le maire.

Michel Adrien entend contacter, dans les prochains jours, l'ensemble des entreprises forestières sur le territoire de la MRC d'Antoine-Labelle afin d'évaluer l'impact de ces droits compensateurs sur chacune d'elles.

« Nous avons déjà demandé des garanties de prêt et on s'attend à ce que le gouvernement fédéral, dans les prochains jours, réagisse pour dire ce qu'il entend faire par rapport à l'imposition de ces droits compensatoires », affirme le maire Adrien.

Dommages collatéraux

Les effets des droits compensateurs peuvent toucher indirectement plusieurs entreprises. C'est le cas de la Scierie C. Meilleur et Fils, de Kiamika, communauté située à une vingtaine de kilomètres au sud de Mont-Laurier.

L'entreprise fabrique des biens en cèdre. Elle vend toute sa production au Québec et en Ontario. Mais les droits compensateurs imposés par les États-Unis pourraient faire disparaître son approvisionnement.

« Notre cèdre, nous, il est bûché à travers le sapin et les épinettes », raconte Charles Meilleur, jeune propriétaire de l'entreprise. « Si les grandes scieries décident de ne plus récolter de bois parce que leurs ventes ont chuté, mon approvisionnement vient de s'arrêter. »

« Je suis très inquiet. Surtout que les gouvernements vont peut-être dédommager les entreprises qui sont touchées directement, ce qui n'est pas mon cas », ajoute Charles Meilleur.

« J'ai racheté l'entreprise familiale. Il y a comme un vent de panique », ajoute Charles Meilleur. « Mes parents m'ont aidé à reprendre l'entreprise. Si tout s'arrête en raison de la surtaxe, c'est une entreprise familiale qui a 72 ans qui va tomber à l'eau. »

La Scierie C. Meilleur et Fils, de même que les Cèdres C. Meilleur et Fils, donnent du travail à une quinzaine de personnes dans une municipalité qui ne compte que 700 habitants.

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