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Brossard sommée de reculer sur l'interdiction des sacs de plastique

L'industrie du sac de plastique contre-attaque à la suite du dépôt d'un projet de règlement visant à interdire l'utilisation des sacs de plastique du territoire de Brossard sur la rive sud. L'Association canadienne des sacs de plastique (ACSP) a fait parvenir un avis juridique à la municipalité lui demandant d'abandonner ce projet. La mesure entrerait en vigueur dès l'automne prochain.

L'association soutient que le projet de règlement est antidémocratique et nuisible tant à l'environnement qu'à l'économie. « Le bannissement des sacs minces de plastique ne servira aucune fin utile, au contraire, cela causera des dommages importants à la fois à l'environnement et à l'économie », avance l'avis juridique cité par un communiqué de l'association.

Le lobby du sac de plastique reproche à la Ville de Brossard d'avoir tourné les coins ronds dans son évaluation de l'utilisation des sacs par les citoyens. L'association soutient que 93 % des sacs sont réutilisés et que 60 % d'entre eux le sont deux fois ou plus. Les citoyens réutilisent leurs sacs de plastique notamment pour le transport de leur lunch ou pour jeter les ordures ménagères.

« Les résidents seront désormais obligés d'acheter des sacs à poubelle en plastique », soutient un membre de l'association, Marc Robitaille. « Ceux-ci contiennent 74 % plus de plastique, ce qui ajoutera 32 % de plastique de plus au site d'enfouissement de Brossard. »

Sur le plan économique, le bannissement des sacs de plastique aura un impact négatif sur le chiffre d'affaires des fabricants et des détaillants de sacs. « Toutes les parties prenantes - même celles qui sont touchées le plus durement par ce bannissement comme des propriétaires de dépanneurs, les détaillants et les fabricants de sacs - ont été complètement exclues de la discussion », déplore M. Robitaille, qui est également le président d'Omniplast, un fabricant de sacs de plastique de la Rive-Sud.

Brossard critiquée pour l'absence de débat

L'association dénonce également l'absence de débat sur le sujet à l'hôtel de ville de Brossard. « L'adoption d'un tel projet de règlement constitue un exercice abusif et déraisonnable des pouvoirs de la ville, ce qui va à l'encontre de son meilleur intérêt, ainsi que celui de ses résidents et des autres parties prenantes », stipule l'avis juridique de l'association.

Le regroupement soutient avoir essuyé un refus après avoir demandé de rencontrer les élus municipaux de Brossard. L'association a également envoyé des « informations détaillées contenant des preuves scientifiques » démontrant les effets néfastes de l'interdiction des sacs de plastique.

Coderre rappelle l'option de la démarche collective 

La Ville de Brossard entend adopter un règlement interdisant la distribution de sacs de plastique sur son territoire. La mesure entrerait en vigueur dès l'automne prochain. Un sondage réalisé au printemps 2015 auprès des Brossardois a révélé que 63 % des répondants sont pour l'abolition des sacs de plastique.

La Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), dont fait partie Brossard, a créé un groupe de travail pour élaborer un plan d'action en vue de l'interdiction des sacs de plastique à usage unique dans les 82 villes en 2018.

Le maire de Montréal et président de la CMM, Denis Coderre, rappelle que Brossard peut attendre encore avant de bannir les sacs . « Tout seul, on va plus vite, mais ensemble on va plus loin. On est pour l'autonomie municipale, alors les municipalités font ce qu'elles veulent, mais d'un autre côté, je pense que la CMM, dans un esprit de corps, travaille main dans la main pour arriver au même résultat. On va respecter de toute façon ce que Brossard a l'intention de faire ».

La résolution de la CMM indique que seulement 14 % des milliards de sacs utilisés pour les emplettes sont récupérés et peuvent se décomposer, dans certains cas, après un millier d'années.

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