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Bruit des concerts : Montréal et Saint-Lambert concluent une première entente

À quelques jours du premier spectacle de la saison au parc Jean-Drapeau, Radio-Canada a appris que les villes de Montréal et Saint-Lambert ont convenu de premières mesures pour dénouer la crise. Objectifs: calmer la grogne des citoyens des deux côtés du fleuve et mettre fin à la poursuite judiciaire.

Un texte de Thomas Gerbet

Selon nos sources, la Ville de Montréal souhaite imposer une limite maximale de volume sonore aux concerts dès l'été 2019. Les deux municipalités et la Société du parc Jean-Drapeau (SPJD) tenteront de déterminer, de façon collégiale, quel niveau fixer.

Mais avant, dès le mois de juillet, les villes et la SPJD effectueront des prises de son durant les concerts. Six capteurs seront installés: deux sonomètres à Saint-Lambert, deux dans le parc et deux dans l'arrondissement Ville-Marie.

Les données recueillies permettront de mieux évaluer le problème et les éventuelles mesures à prendre. Les résultats des prises de son seront rendus publics sous forme de données ouvertes, sur une page web gérée par la SPDJ.

Toutes ces décisions ont été prises le 15 mai, lors d'une deuxième rencontre réunissant des représentants des villes de Saint-Lambert, de Montréal, de l'arrondissement Ville-Marie et de la SPDJ.

La compagnie Evenko n'était pas représentée. « Evenko collabore très bien », assure toutefois Jean-François Parenteau, responsable de l'Environnement au comité exécutif de la Ville de Montréal. M. Parenteau ira, par ailleurs, rencontrer les citoyens de Saint-Lambert début juin, lors d'une rencontre publique.

L'orientation de la scène: toujours un objet de discorde

Même si Montréal affirme qu'il est trop tard, car la construction est déjà lancée, les élus de Saint-Lambert continuent de privilégier une réorientation de la scène. Ils voudraient la tourner vers la métropole plutôt que vers la rive sud.

Il en coûterait au moins 10 millions de dollars. À Saint-Lambert, plusieurs élus suggèrent que le gouvernement du Québec paie la facture.

Pour le moment, si la scène n'est pas réorientée, les élus de Saint-Lambert ne comptent pas abandonner la cause intentée en Cour supérieure. Une date de procès doit d'ailleurs être connue sous peu.

Saint-Lambert poursuit la Ville de Montréal, la SPJD et le Groupe CH, propriétaire d'Evenko. La municipalité de 22 000 habitants a déjà dépensé près d'un million de dollars en frais d'avocats dans ce dossier.

Les exigences des artistes

La Ville de Montréal n'a pas voulu fixer de limite de bruit dès cet été, car les contrats avec les artistes sont déjà signés.

Pour atteindre un niveau sonore de 60 décibels aux résidences de Saint-Lambert, il faudrait que les artistes se limitent à 95 décibels sur les lieux du spectacle.

Montréal doit composer avec le fait que certaines vedettes internationales ont des exigences en matière de niveaux de décibels, qui sont inscrites dans leurs contrats. Par exemple, U2 et Madonna réclament 102 décibels.

De tels artistes accepteront-ils de se déplacer s'ils doivent baisser le volume?

Le bruit, enjeu de santé publique

Selon l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), le bruit environnemental est « l’une des formes de pollution les plus répandues ». Le bruit environnemental est maintenant considéré comme un risque à la santé, particulièrement en milieu urbain, où il peut affecter un grand nombre de personnes, selon l'INSPQ.

Plusieurs recherches scientifiques concluent que le bruit peut avoir de multiples conséquences physiques et psychosociales. Par ailleurs, pour l’année 2013, l'INSPQ a évalué les coûts sociétaux des effets du bruit à près de 680 millions de dollars par année, au Québec.

Saint-Lambert estime qu'il y aura 72 spectacles bruyants cet été, au parc Jean-Drapeau.

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