Retour

Budget Plante : « On peut l'aider à tenir sa promesse », dit l'opposition

Ensemble Montréal, qui forme l'opposition officielle à l'Hôtel de Ville, va déposer trois amendements au budget 2018 de l'administration Plante-Dorais, dont l'un suggère de réduire la hausse de taxes au niveau de l'inflation, comme l'a promis la mairesse en campagne électorale.

Un texte de Jérôme Labbé

Ce geste représente « la dernière façon de s’opposer au budget », a déclaré lundi matin le porte-parole du parti en matière de finances, Alan DeSousa, lors d'une conférence de presse tenue en compagnie de son chef par intérim, Lionel Perez.

Le second amendement de l'opposition demande à l'administration de consacrer 10 millions de dollars à un programme d'aide aux entreprises touchées par les chantiers, comme celui de la rue Sainte-Catherine Ouest. Ce montant serait puisé à même les 32 millions prévus au budget pour les dépenses contingentes.

Enfin, un troisième amendement vise à créer un bureau indépendant du budget, une proposition déjà rejetée par l'administration.

Mais c'est surtout la hausse des taxes résidentielles de 3,3 % qui agace l'opposition. Le parti Ensemble Montréal explique qu'il ne pourra pas l'appuyer, ayant lui-même fait campagne en promettant que les taxes n'augmenteraient pas au-delà de l'inflation.

Si cette hausse est adoptée telle quelle, « ça va les suivre pour le restant de leur mandat », prédit M. DeSousa en parlant de l'administration.

Ensemble Montréal continue par ailleurs de soutenir que le budget est illégal, puisque le plan triennal d'immobilisations (PTI) n'a pas été déposé avant le 31 décembre 2017, un dossier « suivi de près » par le ministère des Affaires municipales, mais qui « n'implique aucune conséquence juridique particulière », soutient la Ville de Montréal.

« C’est vous qui nous avez mis dans cette situation-là »

Pendant le conseil municipal qui a suivi, lundi après-midi, Valérie Plante a répété que l'administration précédente était responsable de l'état actuel des finances de la Ville de Montréal.

« Vous le saviez qu’on s’en allait dans le mur », a répondu la mairesse à Lionel Perez, rappelant que Projet Montréal avait découvert un « trou budgétaire » de 358 millions de dollars au lendemain de son élection, en novembre 2017. « C’est vous qui nous avez mis dans cette situation-là. »

La proposition de réduire – voire d'annuler – la hausse de la taxe de l'eau aurait pour conséquences de diminuer les sommes consacrées à la réfection des infrastructures de l'eau, a laissé entendre Mme Plante.

« Économiser 1 $ maintenant, c’est refiler une facture de 10 $ aux générations futures, si on suit votre logique », a-t-elle lancé à son vis-à-vis.

Plus tôt dans la journée, la Commission sur les finances et l'administration (CFA) a recommandé l'adoption du budget 2018 de la Ville de Montréal – le premier de l'ère Plante-Dorais. Quatre des douze membres, issus des villes liées et de l'opposition, ont toutefois voté contre.

Le maire de Beaconsfield, George Bourelle, la mairesse de Westmount, Christina Smith, de même que deux élus d'Ensemble Montréal, Alan DeSousa et le conseiller Richard Guay, ont voté contre la première des 30 recommandations de la Commission : celle sur l'adoption du budget. Ils ont remis un rapport minoritaire à l'administration.

« Il y a des recommandations à l'intérieur de ce rapport-là qui, on croit, pourraient aider énormément à revoir le budget et à le ramener à un niveau qui serait acceptable et qui serait proche de l'inflation », a indiqué M. Bourelle, qui s'est par ailleurs réjouit de la manifestation de dimanche organisée en soutien aux villes liées, qui s'opposent au budget.

« J'aurais aimé peut-être qu'il y ait un consensus différent sur la R-1, a admis de son côté le président de la CFA, Richard Deschamps, en référence au règlement principal sur l'adoption du budget, mais ça demeure aussi la prérogative de l'administration de modifier si elle le veut son budget et d'entendre ce qui est dit parmi les autres voix extérieures à la commission. »

Les 29 autres recommandations ont été approuvées à l'unanimité.

« Ce qui est plate, ici, c’est qu’il y a 30 recommandations – on n'a jamais eu autant de recommandations avec lesquelles on est profondément d’accord! –, mais il y en a une [dont] on dit "ça n’a pas de bon sens", la hausse de 3,3 % », a commenté Pierre Pagé, porte-parole du regroupement citoyen Montréal pour tous, dont le rapport à la commission recommandait aussi un report des hausses de taxes.

Le budget doit être adopté mercredi lors d'une assemblée extraordinaire du conseil. Il sera soumis le lendemain au conseil d'agglomération, où Montréal détient plus de 80 % des votes.

Avec la collaboration de Julie Marceau

Plus d'articles

Vidéo du jour


L'art d'être le parfait invité