BILLET - Durant toute ma carrière de joueur, j'ai dénoncé le favoritisme d'un entraîneur envers certains joueurs. « Pourquoi joue-t-il encore en troisième période alors qu'il est -2 et que moi je suis +2 au bout du banc? »

J'ai toujours cru que le temps de glace devait aller au mérite. Non?

Avec du recul, je comprends maintenant que c'est loin d'être du favoritisme, mais bien de jouer avec les probabilités pour la victoire et la progression de son club.

Alors, pourquoi voyons-nous le talentueux marqueur de 30 buts Alex Galchenyuk dans un troisième trio? Ou même dans un quatrième?

Claude Julien tente-t-il de lui montrer qui est le patron? Ce serait une grave erreur à mon avis.

Il est clair comme de l'eau de roche que ce jeune ailier/centre ─ nous ne le savons toujours pas ─ passe un mauvais quart d’heure. Sa grosse lacune est officiellement entre les deux oreilles.

Que fait l'entraîneur face à cette situation? Il positionne encore plus Galchenyuk en mode questionnement.

L'adage de l'entraîneur, qui doit être celui qui tire le maximum de ses joueurs et qu'on ne puisse agir de la même façon avec chacun, est encore plus vrai ici.

Il est impératif pour le CH de voir « Chucky » reproduire ce qu'il a fait en début de saison l'an passé avant sa blessure s’il espère se tailler une place dans les séries.

Le Tricolore n'a pas assez de profondeur en attaque pour agir de la sorte avec Alex. Julien doit le remettre en marche.

Loin de moi l’idée de déresponsabiliser le no 27, car Dieu sait qu'il a ses torts. Il a un talent hors du commun qui est endormi, et on doit le réveiller.

Il est maintenant évident que le jeune homme est incapable de le faire seul.

Il n'est pas le premier joueur talentueux à commettre des bourdes et à prendre de mauvaises décisions hors de la glace. Il serait trop facile d'y trouver la cause de ses déboires actuels et de ceux de la fin de saison dernière.

Dommage que trop de pseudo-spécialistes le fassent.

Si c'était si grave que cela ─ tout est relatif bien sûr ─, je peux vous affirmer que la LNH aurait fermé ses portes il y a 30 ans par manque de joueurs. Ils étaient pires que Galchenyuk.

De tous les joueurs de son repêchage, en 2012, il est celui qui affiche le plus de matchs joués avec 340. Il est 1er au chapitre des points avec 204 (le seul à avoir atteint la marque des 200 jusqu'à maintenant), 2e au chapitre des buts avec 89 et 1er, encore, pour les passes (115).

Il est impossible qu'un joueur perde tout son talent en un claquement de doigts. Il peut perdre sa confiance, ses moyens, mais pas son talent.

Dans la tête du joueur

La frustration est bien installée chez le jeune homme. Il se remet en question à chaque instant, il angoisse dans sa voiture en route vers le complexe sportif Bell.

Quelle sera la couleur de son maillot pour l'entraînement? Dès son entrée, il se dirige vers son casier pour y jeter un œil. Malchance, il est bleu poudre. Il composera un trio avec Torrey Mitchell et Ales Hemsky.

La boule dans l'estomac et l'angoisse sont quintuplées.

Il cherche maintenant du regard un entraîneur en espérant un mot d'encouragement sur la glace, il attend l'approbation de l'entraîneur. Julien est trop occupé, alors n'importe lequel des dirigeants fera l'affaire, il veut seulement casser son bâton et crier à s'époumoner, cela le soulagerait. Il est incapable de le faire, car tous ses faits et gestes sont épiés par la presse et les caméras.

Sans oublier les blogueurs et les sites Internet bas de gamme qui sont prêts à faire le plein de clics sur son dos.

Que lui reste-t-il?

Il ne lui reste seulement qu'un entraîneur d'expérience ayant gagné la Coupe Stanley en fasse sa priorité pour l'aider à faire renaître la flamme éteinte en lui quelque part.

Un entraîneur qui le mettra dans des situations favorables, qui le placera avec des joueurs aussi talentueux que lui, qui fera un détour sur la glace pour avoir un brin de jasette, qui lui donnera une tape dans le dos à chaque occasion qu'il aura pour le rassurer.

Comme un enfant quoi.

C'est extrême pour un joueur professionnel, j'en suis conscient. Mais Julien n'a pas le droit de le perdre, c'est son devoir de le faire. S’il omet de le faire, ce sera son échec. Et si ça ne fonctionne pas, il sera temps de passer le dossier à son patron Marc Bergevin, et il pourra s’en laver les mains. Mais pas avant.

Est-ce du favoritisme de faire cette démarche envers Galchenyuk? Non!

Est-ce démontrer de la sensibilité? Oui.

À toi de jouer mon cher Claude!

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