Les chirurgiens de l'Hôpital Notre-Dame sonnent l'alarme : ils affirment que la désorganisation dans l'administration est telle que cela menace la sécurité des patients.

Un texte de Davide Gentile

Fin novembre, l'établissement montréalais s'est vu confier une vocation d'hôpital « communautaire », avec la création du CHUM au centre-ville. Mais plusieurs sources indiquent que la relance des activités est difficile.

Dans un rapport daté du 29 décembre et obtenu par Radio-Canada, la représentante des chirurgiens sonne l'alarme. « Il est de notre devoir de vous informer des problématiques suivantes puisqu'elles mettent en jeu la sécurité des patients », écrit-elle.

Le document souligne « l'absence de procédures d'urgence » dans certains secteurs et « un manquement clair de préparation du personnel ».

Une critique corroborée par la CSN, qui représente plusieurs catégories d'employés de l'Hôpital Notre-Dame. « La formation n'a pratiquement pas été planifiée », affirme Alain Croteau, du Syndicat du CIUSSS du Centre-sud-de-l'île-de-Montréal.

L'ouverture des blocs opératoires est d'ailleurs moins rapide que prévu. Trois des quatre salles qui devaient être ouvertes en début d'année sont fonctionnelles.

Toujours dans le rapport du 29 décembre, les chirurgiens relèvent des problèmes sérieux, notamment que les plateaux d'instruments chirurgicaux « ne correspondent pas aux normes ». Le personnel y aurait été insuffisant. Les chirurgies sont ralenties par simple manque d'équipement. On y souligne des risques de sécurité potentiellement importants.

Il y aurait aussi eu manque de préposés le soir et la nuit, de même qu'un manque d'infirmières et de commis. Plusieurs autres médecins, qui ont voulu conserver l'anonymat et qui ne sont pas de l'équipe de chirurgiens qui a rédigé ce rapport, confirment à Radio-Canada que des problèmes logistiques persistent depuis des semaines.

Sécurité nullement compromise, assure la direction

Le CIUSSS du Centre-sud-de-l'île-de-Montréal, qui gère l'Hôpital Notre-Dame depuis le 27 novembre, se veut rassurant. Début janvier, des rencontres avec les chirurgiens et le gestionnaire ont eu lieu.

« Il y a des correctifs qui ont été apportés dans les jours qui ont suivi. Certains sont en train de se réaliser », dit Pierre-Paul Milette, directeur général adjoint du CIUSSS. Même si l'établissement a réagi aux critiques formulées dans le rapport, il refuse de dire que la sécurité des usagers ait pu être menacée.

La direction affirme avoir en main le personnel nécessaire pour l'ensemble de l'hôpital. Mais M. Milette admet que la situation est plus corsée en salle d'opération. « Au niveau du bloc opératoire, ce sont des ressources plus difficiles à recruter. On est en train de finaliser ces éléments-là », précise-t-il. Quelque 205 des 250 lits que va compter l'hôpital seraient déjà disponibles.

« On ouvre comme prévu de façon progressive », dit M. Milette. Mais le représentant de la CSN est moins optimiste. « Moi je prévois de la désorganisation pendant un an », affirme Alain Croteau.

Il dit que la collaboration entre les gestionnaires du CHUM, dont faisait partie l'Hôpital Notre-Dame jusqu'au 27 novembre, et ceux du CIUSSS du Centre-sud-de-l'île-de-Montréal n'a pas été harmonieuse lors de la transition. Une information corroborée par plusieurs médecins consultés par Radio-Canada dans ce dossier.

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